Blog

« Movements »

« Movements » est un shooting en deux parties s’étant déroulé entre Paris et Toulouse. C’est un shooting effectué à distance, dont les photos ont été imprimées puis réunies dans différents collages.
C’est un travail collectif, avec une équipe composée de personnes aussi douées dans leurs domaines qu’inventives : Michelle Tshibola, artiste, couturière, créatrice de la marque Michelle TSM², Agnès Tassel, modèle, Hugo Bardin, hair artist et Océane Susini, makeup artist.

___

“Movements” is a two parts photoshoot that took place between Paris and Toulouse. It is a safely-distanced photoshoot whose photos resulting from it were printed and assembled in different collages. 
It is a collective work, with a team composed of skillful persons: Michelle Tshibola, artist, seamstress, and owner of the brand Michelle TSM², Agnès Tassel, model, Hugo Bardin, hair artist, Océane Susini, make up artist.

Cette collaboration artistique est intitulée « Movements », car capturer des mouvements est l’une des meilleures expériences liée à la photographie. Tout est question de saisir des gestes, des déplacements, des battements. La légèreté d’une robe, la grâce d’un.e modèle, l’émotion d’un visage qui se meut, tous ces gestes et mouvements sont des émotions pures traduites dans un corps. Tous et toutes représentent le privilège qu’est la photographie, puisqu’on peut garder ces moments capturés pour toujours.

___

This artistic collaboration is named « Movements » as capturing motions is one of the best experiences inherently related to photography. Photography is about catching gestures, waves and, flows. The lightness of a dress, the grace of a model, the emotion of a body that stirs: all these gestures and movements are pure emotions translated into a body. All of them are a blessing, and represent the privilege that is photography, as you can keep them forever. 

Pourtant, que se passe-t-il lorsqu’il nous est impossible d’aller dehors ? Lorsqu’il est impossible de prévoir un shooting photo, travailler avec une équipe sur place, et photographier les mouvements que l’on voit ?
Si le besoin pour les créatifs.ves de créer, performer et partager leur art a atteint un niveau critique durant le confinement global de 2020, de nouvelles solutions ont vu le jour, grâce à la technologie actuelle. Ces solutions permettent de travailler autrement, d’une manière dont on ne pense pas ou peu.
Ces moyens sont utiles et leur accès doit perdurer, en particulier aux personnes qui, comme moi, ont une maladie chronique et ont essentiellement besoin d’outils pour travailler à distance.
Ce shooting en particulier fait partie de ces outils. Cela m’a permis de travailler en toute sécurité, sereinement, sans stress, et de pouvoir également gérer mon énergie comme je le souhaitais.

Sans plus attendre, je vous présente l’équipe avec qui j’ai eu la chance de travailler, sans qui ce shooting ne serait pas une réussite :

___

However, what happens when you cannot go outside? When you cannot plan a photoshoot and meet irl your team, and photograph movements you see?
If the need for creatives to still produce artworks and perform their artistry has urgently risen to a critical level during the 2020 global quarantine, new solutions have emerged, thanks to modern-day technology. 
These solutions are useful for vulnerable persons who, even if vaccines are more and more accessible, are still at high risk regarding Covid. 
As a vulnerable person with a chronic disease, I mostly rely on videoconferencing and remote working tools.
This safe social distancing photoshoot is part of these tools. It enables me to work safely, without any stress and, to manage my energy the way I want.

Without further ado, I’m very happy to present the talented team I’m really lucky to have worked with, without whom the photoshoot wouldn’t have been a success
:

La marque et les différents.tes artistes
The brand and the different artists

Michelle Tshibola démontre son génie dans de nombreuses domaines : à travers la danse, le voguing, le mannequinat, la couture, et la création de sa marque et de son atelier, Michelle TSM². Chacune de ces activités est intrinsèquement liée, puisque Michelle aime dévoiler sa personnalité grâce aux mouvements et aux vêtements, tant l’un est le prolongement de l’autre pour elle.
Créer des vêtements est un art pour Michelle, puisque la création lui permet de s’exprimer : d’exprimer sa créativité, ses émotions, et ses sentiments.
Voir une robe de Michelle TSM² tournée est toujours un moment de grâce qui démontre toute la patience, passion et précision de la créatrice et artiste.

___

Michelle Tshibola is a woman whose genius radiates through a wide range of skills: dancing, voguing, modeling, sewing, owning her own studio and brand, Michelle TSM². Each of these different talents is linked as Michelle loves introducing who she is thanks to rhythmic movements and the garments that fly in the air or twirl gracefully in sync with her body: clothes. 
Designing clothes is a pure art form for Michelle as it enables her to express herself: her creativity, emotions, and current feelings. 
Seeing a Michelle TSM² dress spinning is always a moment of grace showing all the patience, passion, and preciseness of Michelle.

Agnès Tassel est une modèle qui peut interpréter tout type de personnage. A travers ses gestes délicats ou ses expressions magnétiques, chacune de ses poses apporte une nouvelle dimension au projet. Plus que d’avoir l’air « badass » ou « ingénue », elle partage toujours sa perspective artistique à travers ses poses et son allure.
Poser pour un shooting effectué à distance peut être difficile, mais comme chaque projet auquel Agnès participe, le résultat donne lieu à une réalisation unique grâce à sa finesse artistique.

___

Agnès Tassel is a model who can interpret every spirit and character. From her perfect delicate hand gestures to her magnetic facial expressions, each of her poses always brings a new dimension to the project. More than looking “fierce” or “ingenue,” she always shares her artistic perspective about the session’s storyline through her postures and poises.
Posing for a remote photo shoot can be difficult, but like every project that Agnès takes part in, the result is a beautiful artistic collaboration thanks to her artistry.  

Hugo Bardin est un artiste versatile. Que ce soit devant ou derrière la caméra, il brille en tant que réalisateur, scénariste, acteur, coiffeur, maquilleur et costumier. Il effectue également des performances sur scène comme artiste drag queen, en incarnant le personnage de « Paloma ». Si Hugo a plus d’une corde a son arc, sa maîtrise de techniques créatives est démontrée dans sa minutie : en donnant vie à des personnages, en trouvant l’angle parfait, en parant de couleurs des lèvres et paupières.
En tant que coiffeur pour ce shooting, il a participé à la création d’un personnage unique pour ce projet.

___

Hugo Bardin is a versatile artist. He proficiently shines on and off camera as a director, scriptwriter, actor, hairstylist, makeup artist, and costume designer. He also performs on stage as a drag queen artist under the name “Paloma.”
If Hugo has more than one string to his bow, his mastering of creative skills is displayed in his meticulousness: giving life to a character, finding the perfect angle, beautifying eyes or lips.
As a hair artist for this photoshoot, he took care of Agnès’ hair. He then participated in the building of a unique character for this project. 

Océane Susini est une créative accomplie qui a choisi d’exprimer son art à travers le maquillage et la coiffure. Qu’importe le contexte, Océane est motivée par son enthousiasme et sa volonté d’effectuer son travail artistique. Pour y arriver, elle se concentre sur la modernité, la précision, et la singularité. La modernité du maquillage, la précision de son pinceau, la singularité de chaque personne.
Le défi pour ce shooting était d’appliquer un maquillage qui devait être visible via téléphone et impressions, tout en n’étant pas surchargé, ou surcoloré. Océane a réussi, puisque la lumière a reflété élégamment sur le maquillage posé sur Agnès.

___

Océane Susini is an accomplished creative professional who has chosen to express her artistry through makeup and hairdressing. Whatever the context, Océane is motivated by her enthusiasm and eagerness to perform her artistic job. To fulfill it, she always focuses on modernity, precision, and uniqueness: the modernity of the makeup, the precision of her touch, and the uniqueness of the model’s skin. 
The challenge for that remote photoshoot was to apply makeup that had to be seen on a cellphone camera and prints, but that wasn’t too colorful or heavy neither. Océane succeeded as light elegantly reflected on the makeup she farded on Agnès.
 

Notre processus: comment nous avons raconté l’histoire du shooting
Our process: how we told the story of the photoshoot

Cependant, une question persiste : comment capturer des mouvements -et non simplement des poses, lorsque vous n’êtes pas au même endroit que l’équipe avec laquelle vous travaillez, comment ressentir l’énergie d’un shooting, lorsque vous n’êtes pas présent.e sur place ?
J’ai utilisé l’application « Clos » qui permet de réaliser des shootings à distance. J’ai connu cette application grâce à Agnès, et je la remercie encore de m’en avoir parlé. L’objectif était de créer des compositions abstraites à partir des différentes photographies prises et imprimées. Je voulais reproduire des effets de mouvements : flipbooks, ombres, et superpositions à travers du papier calque.
Le jour du shooting, de nouvelles idées ont émergé. Nous avons utilisé du tissu en guise de filtres et avons décidé d’utiliser différentes chutes de tissus des créations de Michelle dans de nouveaux collages. Le but était d’ajouter une autre dimension au shooting en créant une combinaison de photographies imprimées, de tulle épinglé et tissu froissé. Ce mélange de textiles et de prints produit de nouvelles sensations de mouvements, d’actions et textures. Une autre énergie.
Ce projet artistique est en deux parties : « Soleil rose » et « Nuage Bleu ». Bien-sûr, ces titres sont liés à la lumière naturelle qui nous éclairait le jour du shooting. « Movements » est également une allusion au temps, au changements de temps, et aux mouvements de la journée.

___

However, a question remains: how can you capture movements -and not only poses, when you’re not at the same place as your model and your team? How can you sense the energy of a photoshoot when the photographer isn’t there?
I used the remote photoshoot application “Clos” to take photographs. I discovered this app thanks to Agnès and I thank her very much for introducing it to me. The objective was to create abstract compositions from the different photographs that were shot and printed. I wanted to reproduce motion effects: flipbooks, shadows, and superpositions through tracing papers. 
On the day of the photoshoot, new ideas emerged. We used fabrics as lens filters and decided to use Michelle’s fabrics in the different collages to add a new layer in the handicraft montages: a combination of cut photographs with sewed tulle on them or a piece of creased cloth on prints. This blending of prints and textiles produces an impression of movement.
This art project is two parts: “Soleil rose” (pink sun) and “Nuage Bleu” (blue cloud). Of course, these are related to the type of natural light that was shinning during the day. “Movements” is also an allusion to the weather, and the changes of times, the movements of a day.  

Conclusion 

Avec ce shooting, nous voulions prouver qu’il est possible de trouver d’autres sensations et impressions de mouvements, de vivant et d’action lorsqu’on est confiné.e. Nous voulions prouver qu’à travers des retouches ou impressions ou découpages ou collages (ou tout à la fois) on peut vivre la même énergie créative et grisante tout en travaillant avec un groupe à distance. Trouver un dynamisme et une synergie similaires à celui des shootings réalisés sur place peut être possible.
Ce nouveau projet m’a demandé beaucoup de temps, et je suis heureuse d’avoir pris mon temps et d’avoir peaufiné chacune de ces étape.

___

With this photoshoot, we wanted to prove that it is possible to find a sense of liveliness and action when you are quarantined. That through a lot of editing, prints, cuttings, sewings, collages, you can experience a similar synergy with a group, even if you work remotely, and that you can find a dynamism similar to on-site photoshoots. 
This new project required a lot of time, and I’m happy to have taken my time for it and to have perfected every step of it.

Credits

Michelle TSM² @michelletsm2_
Agnès Tassel @atassel
Hugo Bardin @hugobardinpaloma
Océane Susini @oceanesusini

A propos de Toulouse, de Thé Coul et de céramiques – About Toulouse, Thé Coul and ceramics

Lorsque j’avais décidé de créer ce blog, je l’avais fait avec la même volonté que quand j’avais mis en ligne mes Skyblogs (oui, au pluriel), durant les années 2000: simplement partager quelques fragments de mon quotidien. Ce blog, très vite, m’a permis de parler (ou plutôt de mettre des photos et des mots) sur ma relation avec Toulouse. Une ville souvent “carte-postale” (où plutôt, là où on se verrait bien vivre, sans y connaitre ses subtilités ni les galères qui y résident), une ville colorée, aux multiples inspirations, une ville où la culture locale est présente en bourgeons qui éclosent souvent, et surtout une ville à laquelle de nombreux.ses commerçants.tes donnent de la force, celles et ceux qui font qu’on retrouve leur devanture sur Instagram, dont on évoque les savoirs-faire, parfois. 

___

When I wanted to create this blog, I did it with the same willingness that I had when I created my Skyblogs* (yes, plural) in the 2000s: only to share some pieces of my daily life. With this blog, I’ve talked (or rather, conveyed through photos emotions words can’t express) about Toulouse, the city where I live, and where I was born. It is often called a “postcard” city (as many people can picture themselves living here without knowing its subtleties and its issues), a colorful city with multiple inspirations, a city in which local culture is often burgeoning, and where many small businesses go all out for the city, the ones whose storefronts are often posted on Instagram, whose know-hows are sometimes mentioned. 

*Skyblog is a blog hosting site currated by the radio station Skyrock.


Les petites ruelles serpentent dans Toulouse, et dans nombreuses d’entre elles, on retrouve la chaleur si connue de la ville aux briques roses. Une chaleur qui dépasse les photos carrées publiées sur les réseaux sociaux. Depuis 2020, cette chaleur me manque. Celles et ceux qui ont lu mes précédents articles savent que, à cause de ma maladie, mes déplacements sont extrêmement limités. Sans m’étendre sur le sujet ni sur les conséquences déjà connues d’un confinement, beaucoup peuvent imaginer le stress que cela représente. Mais il y a des moments où le stress est moins présent et où je retrouve un peu de cette chaleur. Lorsque je citais les nombreux.ses commerçants.tes qui donnent de la force à la ville, je pensais à Maud, la gérante de Thé.Coul, qui est également une personne m’ayant apporté un peu de cette chaleur manquante. 


___


Small streets weave in Toulouse, and in many of them, a sort of warmth is present, the one that many people who live in the pink bricks city know. A warmth that goes beyond squared pictures posted on social networks. Since 2020, I miss this warmth. Some of you who have read my previous blog post know that I can barely move out of my place and go outside to meet people. Without elaborating on that matter and on the consequences of being quarantined, many people can imagine the stress that is induced in that situation. When I mentioned the small businesses that go all out for the city, I thought about Maud, the owner of Thé. Coul, who is also someone that brought me the warmth that I miss. 


Thé.Coul était un salon de thé où les clients.tes avaient également la possibilité de peindre des céramiques qui allaient être ensuite émaillées et cuites par Maud elle-même, dans le four présent sur place. Si Maud a découvert et expérimenté le concept des cafés céramiques à Montréal, elle n’a pas souhaité l’implanter entre deux murs de briques tel un copié / collé, mais s’est concentrée sur le local : en travaillant notamment avec le potier et céramiste Mathieu Hettema dont les créations servent de base pour de futures peintures, en proposant de multiples collaborations pour des ateliers spéciaux et en mettant en avant toute la créativité d’artisanes locales avec qui elle avait travaillé. Comme de nombreux commerces, Thé. Coul a malheureusement dû fermer ses portes, mais Maud a su s’adapter en proposant des livraisons à domicile de kits de peinture sur céramiques.

___

Thé.Coul was a coffee shop where customers could also paint on ceramics that would be enameled by Maud herself on the on-site oven. If Maud discovered and experimented this concept in Montreal’s ceramic cafés, she didn’t want to set up this ceramic workshop and café between two brick walls and copy and pasted it, but focused on Toulouse’s local artists and craftspersons: by working with the potter and ceramicist Mathieu Hettema whose creations are the basis (not to say, the canvas) of paintings, by proposing multiple collaborations during special workshops, and by enhancing all the creativity of local female artisans who she worked with. Like many other small businesses, Thé.Coul, unfortunately, had to close down, but Maud managed to adapt herself and her company, and started up service delivery with ceramic kits (paintings included). 


Et c’est ainsi que grâce à elle, j’ai pu recevoir un kit et m’accorder une pause, en peignant.
Si enfant vous avez eu l’occasion de pouvoir laisser libre cours à votre imagination en débordant, tachant, dépassant, vous allez certainement redécouvrir la même joie en peignant des formes, motifs, symboles sur ces mugs, assiettes, coupelles; ces objets de votre quotidien empreints de ce moment, de votre créativité. Pas question de performance ni d’obsession de la perfection, tant chacun.e partira sur une autre planète. Le processus est aussi passionnant, drôle, intuitif, que le résultat sera beau, puisqu’il sera le vôtre (car oui, tout est beau lorsqu’on se laisse aller). 

___

And so, thanks to her, I could receive a set of ceramic and paintings, and so spend time painting. Pure creative time.
If as I child you had the opportunity to let your imagination run wild by going over the edges, staining, extending your lines, you certainly will feel the same joy by painting shapes, patterns, symbols on mugs, plates, small bowls, vases; these everyday life objects suffused with this moment and your creativity. No question of performance, being obsessed with perfection as everyone will travel into another planet. The process is as funny and intuitive as the result is beautiful, as the object will be yours (and yes, everything is beautiful when you let yourself go).  


Si peindre sur des céramiques n’est pas le remède miracle pour vaincre l’anxiété des années 2020-21, cela reste un moment où l’imagination est reine, et où l’espace de quelques instants, on peut penser à autre chose, s’accorder du temps à soi.
Si Toulouse ne se résume pas à un article de 500 mots, Maud et son café céramique font partis.es de ces indépendants.tes qui donnent de la vie à la ville, celles et ceux qui s’adaptent, qui retroussent leur manche, la peur au ventre, et dont le souhait d’ouvrir leur porte à chacune et chacun, artisans, artistes comme passantes et visiteurs est encore plus fort en 2021. 

___

If painting on ceramics is not the miracle remedy to win over the years 20-21’s anxiety, it remains a moment when it’s all about you and your imagination. It’s a time to have something made by you and for you only, to save space for yourself.
If Toulouse cannot be summarized in a 500 words article, Maud and her ceramic café are part of the small and independent businesses that give some life to the city, the ones that had to adapt themselves, to roll up their sleeves with fear in their chests, and whose wish to open again their doors to customers, craftspersons, artists, visitors is more important in 2021. 

Website Facebook Instagram

La vraie vie – Mythologiae

L’un des nombreux privilèges de la photographie d’artisanat, c’est de pouvoir entrer dans des ateliers. Il faut s’imprégner de cet univers singulier présent face à nous, qu’on toucherait presque. Pendant de longues minutes ou plusieurs heures, on va trouver ses marques, là où la lumière est belle et le champ dégagé. Entre des souvenirs personnels encadrés, agenda, tasses à cafés et autres détails de la vie quotidienne, des outils ordonnés, du matériel rangé; on sera témoins de gestes, exécutés devant nous, parfaits de minutie et de patience. La passion est palpable, et on s’imagine, durant ce bref épisode où nos sensibilités se croisent, un long processus, une combinaison de répétitions, d’observations, sans pression, mais où la concentration est reine et qui fera naître du beau. Toujours.
“C’est juste un coup de main à prendre” me dit humblement Morgane, lorsqu’elle parle de son métier de tisserande. Son métier, c’est également cette imposante machine en bois grâce à laquelle la magie s’opère. Presque comme un orgue à la mécanique bien huilée, où s’entremêlent mais jamais ne s’en mêlent trame, chaîne, peigne et navette qui se coordonnent l’un à l’autre. Un outil gigantesque où les mains de Morgane, partout où elles passent et actionnent, enchaînent les minutes et les rangs de fils, pour créer du volume, de l’épaisseur, et beaucoup de nuances de délicatesse.
Le travail de Morgane est un mouvement en quatre temps : l’héritage d’un savoir-faire remontant à la fin du Néolithique, une inspiration constante et infinie, des pelotes et bobines de fils comme points de départ vers une aventure en trois dimensions, et un voyage presque méditatif où l’arrivée sera faite de coussins, sacs, lettres, et tout autre projet matérialisé (pas “comme magie”, mais par persévérance, exactitude et heures de travail). Durant un reportage photo et dans cette interview “La vraie vie”, voici des images et des mots à propos d’un atelier, que j’ai visité et d’une artisane que j’ai rencontrée. 

___

One of the numerous privileges of photographing craftspeople is visiting their workshops. I’m immediately soaked up in this particular atmosphere; that I can almost touch. For long minutes or several hours, I have to find my feet, beautiful light, and a clear shot. I’m in between personal framed memories, cups of coffee and other details of everyday life, tidy tools, organized gear — and I’ll see at first hand movements executed by artisans denoting patience and meticulousness. The passion is palpable, and during this brief moment when my sensitivity meets the artisan’s, I imagine a long process, a combination of repetitions and observations, without pressure but rife with concentration, and from where beauty will emerge. Always. 
“You just need to be good with your hands!” humbly said Morgane when she spoke about her work as a weaver. She works every day with her loom, an imposing wood machine, thanks to which magic happens. It looks like an organ, a well-oiled piece of machinery within which warp, weft, threads, and shuttle are interlaced but never tangled. Each part of the mechanism is coordinated and comes one after the other. Morgane’s loom is a gigantic instrument, a circuit where her hands move around and crank, where time flows smoothly, and her threads and yarn segue into one another. The result is always ample and sculptural, dense, and awash with softness in its multiple forms. 
Morgane’s creation process is a movement in four-four time: the heritage of a craft dating from the Neolithic Age, a never-ending inspiration, balls and bobbins as a starting point of a three-dimensional adventure, and a meditative journey to an arrival full of pillows, bags, letters and other materialized objects (not « as if by magic », but by perseverance, precision and hours of labor. During a photo report and a « La vraie vie » interview, here are some photographs and words from a workshop I visited and of a craftswoman I met.

→ Comment es-tu arrivée à devenir tisserande ?

La découverte du tissage a vraiment été le fruit du hasard pour moi. J’ai eu la chance de faire un séjour Erasmus à Londres durant ma première année de Master en Arts Appliqués durant lequel j’ai atterri dans le studio de création de Faustine Steinmetz, designer textile. Au sein de son atelier j’ai pu expérimenter mes premiers tissages, une technique pour laquelle j’ai eu un véritable coup de cœur ! De retour en France, je me suis empressée d’acheter un métier à tisser pour continuer mon appren-tissage que j’ai pu perfectionner lors d’un second stage chez Perinne Rousseau qui propose des tissages artisanaux pour l’ameublement de luxe. Ce sont ces premiers pas en tant qu’apprentie tisserande qui m’ont donné goût à ce métier ancestral que j’aime continuer à faire perdurer ! 

___

→  How did you become a weaver?
How I discovered weaving is a mere coincidence. I’ve had this opportunity during an Erasmus program in London I participated in during my first year of my Applied Art’s Master’s degree. During this trip, I’ve landed up at Faustine Steinmetz’s creative studio. Faustine is a textile designer and within her studio, I could experiment and learn more about the weaving process, a technique that turned out to be my favorite! Back in France, I’ve hurried myself to invest in a loom to pursue my learning process that I’ve perfected with Perinne Rousseau, who manufactures hand-crafted weaves only for the luxury furniture market. These were my very first steps as a weaver’s apprentice and they certainly are the reasons why I love this ancestral work that I really like to perpetuate. 

→ Peux-tu nous présenter ton métier et tes influences ?

Au sens large, avant d’être tisserande je suis designer coloriste. Mythologiae est mon petit laboratoire d’expérimentations qui allie mes compétences de graphiste et de designer textile. En parallèle de ma marque, j’interviens également pour différentes entreprises dans ces deux domaines d’activités. 
D’un point de vue inspiration, le moindre détail ou caractéristique que je croise au quotidien peuvent être les prémices d’un projet ou d’une idée. Ça peut être les textures d’une fleur sauvage que je vais cueillir lors d’une balade, ou bien un motif que je vais observer dans un livre de costumes. Et ce qui me plaît par-dessus tout c’est de mettre le nez dans des mythes ou histoires en les retranscrivant à ma manière dans les tissages que je crée. J’adore donner du sens à tout ce que je fais de manière singulière ! 

___

 →  Could you tell us more about your work and what influences you?

Overall, before being a weaver, I’m a color designer. My brand, Mythologiae, is also my lab with which I can experiment and develop my skills as a graphic and textile designer. Besides my brand, I also collaborate with different companies regarding these two trades.
About my inspiration, every single detail or characteristic I can spot or observe in my everyday life can lead to a new project or idea. It can be the texture of a wildflower that I’d pick or a pattern in a costume book I’d scrutinize. And what I mostly like is immersing myself in myths or stories that I’ll transcribe my own way in the weaves I’ll create. I love giving meaning to everything I make in a singular way!  

→ As-tu une journée type ?

Ce qui me plaît le plus dans le fait d’être entrepreneure c’est que chaque journée ne se ressemble pas même si certaines tâches sont quotidiennes. Généralement je commence par un petit tour sur les réseaux sociaux pour jeter un œil à mes comptes favoris qui me nourrissent au quotidien ! Puis je m’occupe des mails et des urgences à traiter avant de m’attaquer au tissage, à la couture ou à la photographie par exemple. 

___

→ What’s your typical day like? 

What I prefer about being an entrepreneur is that each day doesn’t look the same, even if some tasks have to be made day to day. Generally, I start my day by scrolling on social media to check on my favorite accounts that I nourish myself with every day! Then, I respond to emails and the emergencies I must deal with before starting to weave, sew, or taking photographs, for instance.

 

→ Quelles matières préfères-tu utiliser ?

Alors là c’est vraiment difficile de faire un choix car ce qui me plaît le plus dans le tissage c’est de pouvoir mixer des matériaux de provenances variées ! Lin naturel, mèche de coton, laine flammée, ruban de soie, fibres recyclées et chinées, fils métalliques, fleurs séchées, etc autant de matières qui donnent corps et participent à l’histoire de chaque étoffe ou objet tissé. 

___

→ Which types of materials do you prefer weaving? 

It’s a tough question as what I mostly like about weaving is that I can mix materials from different origins! Natural linen, cotton wick, slub wool, silk ribbon, bargain-hunted and recycled fibers, metallic threads, dried flowers, so many materials that give body and shape to the story of each fabric or weaved object.

→ As-tu des petites habitudes lorsque tu travailles ? 

C’est parfois assez morose de travailler seul(e) chez soi alors je ne peux m’empêcher de mettre de la musique, des podcasts, un reportage ou une bonne série Netflix pour m’accompagner dans mes journées ! J’ai beaucoup de mal à travailler sans ça et ce sont également des sources d’inspirations quotidiennes qui me permettent de m’évader un peu. 

___

→ What work habits have you developed? 

It feels gloomy sometimes to work alone at home so I can’t help listening to music, podcasts, reports or a good Netflix show to not feel lonely during my work days! It’s hard for me to work without those elements as they’re also some of my daily sources of inspirations which enable me to escape a little. 

→ Que préfères-tu dans ton quotidien ?

Comme je le disais plus haut, ce qui me plaît le plus dans ce quotidien d’entrepreneure c’est de vivre des journées qui ne ressemblent pas et qui me permettent d’avoir des activités aussi variées les unes que les autres ! Je suis de nature à me lasser rapidement donc c’est pour moi une réelle source de motivation et d’épanouissement de pouvoir switcher entre le tissage, le graphisme, la couture, ect chaque jour en fonction de mes envies. 

___

→ What do you most enjoy doing in your daily life, as a weaver?
As I said before, what I mostly like with my life as an entrepreneur is that every day is different and so are the various activities that make my day! I easily get bored, so it’s really motivating and fulfilling to be able to shift from weaving to graphic design, and sewing etc, each day depending on my train of thought. 

→ Comment t’es-tu adaptée au Covid ?

Je n’ai pas dû prendre de mesures particulières car mon atelier est installé chez moi. Mais j’ai dû anticiper beaucoup de choses ne sachant pas trop comment allait évoluer la situation : les commandes auprès des fournisseurs qui pour certains ont dû fermer, les reports d’ateliers, le développement d’une clientèle par le biais des réseaux sociaux et de ma boutique en ligne, etc. Malgré cette situation désastreuse pour bons nombres de commerces et d’artisans, je suis ravie d’avoir pu constater différents élans de solidarité qui ont pu naître durant cette période et le penchant grandissant des français pour l’artisanat ! 
J’espère que des jours meilleurs nous attendent en tout cas.

___

→ How did you adapt your business to Covid-19? 

I didn’t need to take any particular measure as my studio is at my home. But I had to anticipate many things as I couldn’t figure out how the situation would evolve: my orders to my suppliers (some of them had to shut down), the postponed workshops, the development of a customer base only through social media and my online shop, etc. Despite this disastrous situation for many shops and craftspersons, I’m thrilled to have seen solidarity rushes that happened during that period and how French people have had a liking for artisans’ work! I’m really hoping that better days will come, anyway. 

Website Facebook Instagram

La vraie vie – Maaad Boutique

Ils sont les garants d’un savoir-faire, les preuves d’une patte, d’une histoire tellement on arrive à les dater et parfois même les contextualiser. Ils colorent une pièce et l’habillent de lumière, peuvent créer de véritables effets d’optique et marquent une table ou un sol de leur ombre. Ils nous rappellent des souvenirs, sont présents dans nos scènes de vie, dans les décors qu’on se crée.
Qu’ils soient décoratifs, utiles (ou les deux) les objets contiennent mille et une qualités et adjectifs qui seraient presque gravés en eux. Qu’on les accumule ou qu’on préfère une ambiance minimaliste, lorsqu’on porte notre regard dessus, toute une symbolique apparaît. J’aime particulièrement les objets vintage car ils me font rêver. Je me demande à qui ils appartenaient, s’ils étaient ancrés dans une tendance ou une mode qui se répètera un jour, s’ils sont en plusieurs séries, ou le fruit du travail d’un.e artisan.e passionné.e. Je me demande dans quelles pièces ils étaient, s’ils ont amusé, porté chance, rassuré.
Dans une ambiance très simple, avec seulement de la lumière colorée, j’ai pu photographier quelques objets que l’on retrouve dans la boutique Maaad à Toulouse. Aline, la gérante, s’est prêtée au jeu de l’interview et a répondu à quelques questions à propos de son travail, de ses objets qu’elle trouve, dont elle prend soin, et qu’elle présente et met en vente dans sa boutique. 

___

They guarantee authentic proof of a designer’s touch and his.her know-how; tie in with a specific story as we can assign dates and contexts to them. They colorize a room and spread light into it as they both filter its rays and flood us with brightness. They can produce optical effects, and leave their shadow on a table or the floor. They make us remember moments, are present in our scenes from everyday life, in the settings that we create. Whether they’re only intended for decorative purposes or made to improve our daily actions, (or both), objects contain hundred-and-one qualities and adjectives that are almost engraved on them. Whether you accumulate them or opt for a minimalist atmosphere, when we let our eyes linger on them, a whole symbolism appears to us. 
I particularly like vintage objects as they inspire me and touch my imagination. I ask myself who they used to belong to; if they were made to follow a trend or a movement that would repeat itself;  if they are produced in series, or would be inherent to specific artisan workmanship or workwomanship. I ask myself in which rooms they were and if they produced laughs, hope, or reassured people.
In a very simple composition with only colorful light, I photographed a few items that can be found at Maaad boutique in Toulouse. Aline, the owner has played the Q&A game and answered questions about her work, the objects that she finds, takes care of, and that she enhances and puts up for sale in her shop. 

 → Peux-tu nous présenter ton métier et tes influences ?

Je suis antiquaire / brocanteuse, mais on peut dire aussi plus globalement gérante d’une boutique indépendante de décoration, puisque je ne vends pas uniquement des pièces anciennes ou vintage ! Je propose aussi quelques créateurs, artisans et designers contemporains. J’ai toujours aimé mélangé les styles & les époques dans la déco, je trouve ça beaucoup plus riche & inspirant (avec quand même un petit faible pour l’Art Déco…), c’est donc naturellement ce que je fais chez MAAAD.
Au niveau de mes influences, elles sont par conséquent multiples & très diverses ! Je m’inspire du passé (forcément), notamment en visitant systématiquement les musées d’arts décoratifs dans toutes les villes que je visite, ces musées sont souvent méconnus et pas trop fréquentés, mais ils sont une mine d’inspiration, avec des objets de toutes les époques, je peux y passer des heures! Mais sinon je peux trouver de l’inspiration déco un peu partout : j’adore voyager & flâner dans les villes (l’architecture, le style des gens…), les expos (aussi bien les pièces présentées que la scénographie), les magasines (actuels ou anciens), mais aussi les films & séries, quand il y a une vraie attention portée aux décors & aux costumes (tous les films de Kubrick, ou des séries comme Mad Men).

___

 →  Could you tell us more about your work and what influences you?

I’m an antique and second-hand goods dealer, but I can say that on the whole, I’m the owner of an independent decoration boutique, as I only sell vintage or antique pieces! You can also find designers, artisans, and creators’ pieces. I’ve always loved to mix styles and eras concerning decoration, I think it’s way more inspiring and fascinating (with still my slightly soft spot for Art Déco), it’s what I normally do at MAAAD. 
My influences are consequently, numerous and various! I obviously take inspiration from the past, especially by systematically visiting decorative art museums of each city I travel to. These museums are not always well known and frequented, yet they are a true source of inspiration and I can spend hours there! Otherwise, I can find inspiration everywhere: I love to travel and strolling in cities (because of the different architectures I see, the looks of the people I meet…), in art exhibitions (the pieces that are presented or the scenography), magazines (today’s or old ones) but also in the movies and tv shows, when particular attention has been given to settings and costumes (all the Kubrick’s movies or tv shows like Mad Men)

Vase sommerso Murano, modèle main : @enflammee
Sommerso Murano vase, hand model: @enflammee

→ As-tu une journée type ?

Pas vraiment, et c’est ce que j’adore dans mon quotidien!
Lorsque je suis à la boutique (4j/semaine), outre le fait de conseiller & d’échanger avec les clients (ce qui change tous les jours, forcément), je mets quotidiennement des nouveaux objets, et donc j’organise leur exposition pour les valoriser au mieux, comme une petite mise en scène! Je fais aussi des photos + retouches pour Instagram et les ventes en ligne, je prépare mes étiquettes, je chine un peu sur Internet, je fais des recherches sur des pièces, etc.
Et les 3 autres jours de la semaine, je pars chiner, principalement! Mais je travaille aussi à l’atelier avec mon père, pour tout le travail de nettoyage & restauration des objets. Et je m’occupe des ventes en ligne, et cela prend du temps de réaliser un emballage sécurisé lorsque je dois envoyer un vase ou un meuble en verre… Donc emballer les commandes & aller à la Poste!
Et puis je prends le temps de ne rien faire aussi !

___

What is your typical day like?

I don’t really have a typical day, and that’s what I truly love in my daily life!
When I’m at my boutique (4 days a week), except the fact that I give advice and that I talk to customers (and they differ from day to day), I also add new objects every day, so I have to organize how they will be enhanced, as a sort of staging! I also take photographs and do retouches for Instagram and my e-shop, I prepare price tags, I also go bargain-hunting online, make some research about pieces, etc.
And the three other days of the week, I mainly go rummage sale-ing. I also spend time at my workshop with my father, for all the cleaning and restoration that must be done. I also have to process all the orders concerning my e-shop and it takes time to correctly wrap up all of them and protect them, especially for the vases or glass objects…. So I spend a lot of time packing and at the post office!
And I also take time for myself and do nothing!  

→ Quelles sont les étapes qui précèdent la mise en vente d’un objet?

Ma sélection de chaque pièce chinée est vraiment liée à un coup de coeur, j’aime sincèrement chacun des objets que je vends, que ce soit pour sa fonction, son époque, sa couleur, sa matière, sa rareté, sa ligne, sa technique de fabrication, sa manufacture, son détail improbable, etc. La première étape, c’est donc ce coup de coeur personnel, je dois forcément aimer un objet pour pouvoir le défendre, le mettre en valeur, et prendre plaisir à le proposer & le vendre, peu importe les tendances ou les modes.
Puis bien sûr je nettoie chaque objet avec soin, puisque je souhaitais que la boutique ne fasse pas « esprit brocante » ; donc tout est nickel et brillant! Quand c’est nécessaire, je restaure certaines pièces avec mon père, car tout doit être en état de fonctionnement (par ex. les horloges) et aux normes (par ex. les lampes). Puis ça peut être des objets à recoller, cirer, vernir, etc.
Une fois que c’est en état, chaque pièce est décrite et répertoriée dans un livre de police (obligatoire pour les ventes d’antiquités). C’est là que je fais certaines recherches pour expertiser chaque objet (matériaux, époque, techniques, manufacture, pays d’origine, anecdotes, etc.) et déterminer son prix de vente. Toutes ces infos me permettent ensuite de faire mes étiquettes produits, puisque je tiens à ce que chaque objet soit accompagné de tous ces éléments descriptifs, que le client puisse repartir avec ; cela donne une valeur ajoutée à chaque pièce qui est unique, même si elle n’est pas chère!

___

What are the previous stage before the selling of an object? 

How I select each bargain-hunted piece depends on the ones that grab my attention and that become my favorite. I sincerely love each object I sell, whether because of its function, the era that it belongs to, its color, material, rarity, its shape and line, the way it was made, its manufacture, its uncanny detail, etc. 
Firstly, so concerning the objects that become closest to my heart, I must really love an object to defend it, enhance it, and enjoy the process of proposing it and putting it up for sale, whatever the trends and tendencies.
Then, of course, I have to clean each object with special care so that my boutique doesn’t epitomize a “bric-a-brac trade” spirit: so everything has to be clean and shiny! When it’s necessary, I restore some of the pieces with my father, as everything must be operative (clocks) and brought up to standards, (lamps). I can glue back together pieces of objects, polish them, varnish them, etc.
When everything’s in working order and in good condition, there’s a written description for each piece that is also indexed in a “police book” where each item is registered. It’s a mandatory step for antiques’ selling; the “police book” enables me to do some research to expertize each item (materials, eras, techniques, manufacture, countries of origins, anecdotes, etc) and to determine the retail price. With all this information, I can prepare labels, then I really want that all these informative elements precisely belong to each specific object, so that the customer can leave my boutique with all of them in mind. It gives an added value to each piece that is truly unique, even if it’s not an expensive one! 

→ As-tu des petites habitudes lorsque tu travailles ? 

Pas vraiment, je ne pense pas à quelque chose de particulier… Alors oui je travaille toujours en musique, il y a toujours du son à la boutique (ou la radio à l’atelier). Ah si, une chose : on a pris l’habitude de toujours manger un pain-saucisse lorsqu’on va chiner en vides-grenier avec ma soeur !

___

What work habits have you developed?

I haven’t really developed any particular work habit. I always work with music, you can hear some at my boutique (with my radio station or at the workshop)
Oh, yes, there’s one thing: My sister and I usually eat a sausage bread roll each time we go bargain-hunting or during open-air rummage sales! 

→ Que préfères-tu dans ton quotidien ?

Chiner c’est quand même ma partie préférée ! Partir à la recherche de nouvelles pièces, l’excitation de dénicher la perle rare, la satisfaction de trouver un objet qu’un client cherchait depuis longtemps, le plaisir de fouiller au milieu de plein de choses différentes et d’en sortir une pépite ou un objet complètement atypique… C’est ce que je préfère !
Après, j’adore aussi le fait de tenir une « vraie » boutique : pouvoir échanger en direct avec les gens, discuter avec toute sorte de clients, de tous les âges et de tous les profils. Outre le fait que c’est beaucoup plus agréable et inspirant (à mon sens) de pouvoir voir en vrai & toucher un objet, il y a donc aussi tout ce côté « social » qui est important pour moi, surtout dans notre société où tout a tendance à être dématérialisé, où le commerce en ligne prend de plus en plus de place etc. Et tenir une boutique physique, c’est aussi participer à la dynamique d’une ville, à sa spécificité, et j’y tiens! C’est tellement triste quand on voit que les centres villes ont tendance à tous se ressembler, à s’uniformiser, avec les mêmes grandes enseignes, alors il faut pouvoir se donner les moyens de proposer autre chose, même si ce n’est pas toujours évident!

___

What do you most enjoy doing in your daily life, as an antique dealer? 

Go bargain-hunting is my favorite moment. To be looking for new pieces, the excitement to find a rare gem, the satisfaction to find an object that a customer has been searching for a long time, the joy to rummage amid many different things and bring out of them a completely atypical object… That is what I mostly love!
I also love to run an “actual” boutique: to talk directly with people, to discuss with all sorts of customers, of all ages and profiles. Besides the pleasurable and inspiring (to me) aspects to see in real life and touch objects, there’s also a “social value” related to them (because of the boutique) that really matters to me, especially in our society where everything is dematerialized and where online shopping takes up more and more room, etc. Running a physical boutique means also participating in the dynamics of the city, to its specificity, and it matters to me! It’s so sad when you see that city centers look all alike, get standardized, with the same big brands… So, we must provide ourselves with the means to propose something else, even if that’s not always obvious!

→ Comment t’es-tu adaptée au Covid ?

Mis à part les mesures sanitaires obligatoires (masque, gel hydroalcoolique, nombre de clients limité), j’ai surtout essayé de davantage développer les ventes à distance, pour élargir ma clientèle. Ce n’est pas forcément ce que je préfère, mais c’est aujourd’hui nécessaire pour survivre, et du coup pour pouvoir continuer à tenir ma boutique, à garder cette liberté et cette indépendance.

___

→ How did you adapt your business during Covid-19?

Apart from sanitary and compulsory measures (mask, hand sanitizer, a limited number of customers), I’ve also tried to develop distance selling, to broaden my clientele. It’s not what I particularly like, but it’s necessary today to survive, and so to continue to run my business, and keep this freedom and independence. 

Website Facebook Instagram

2020: finding light in the darkness

Ecrire à propos de 2020 est un exercice difficile, tant il est délicat de faire une conclusion sans être « trop » : trop optimiste, trop privilégiée, trop pessimiste, trop triste, trop virulente, trop amère.
En tant que personne ayant une maladie orpheline, et donc à risques, j’ai éprouvé autant de peur, que de fatigue et de frustration durant toute cette année. Mais, sans me dire qu’il y aurait nécessairement une happy ending façon comédie musicale ou que demain serait une nouvelle page blanche où tout serait effacé, les rencontres faites cette année ont été des moments de lumière en pleine obscurité.
J’ai demandé à toutes les personnes avec qui j’ai travaillé en 2020 l’épineuse question de : qu’est-ce qui vous a motivé ou donné de l’espoir durant cette année ?
Rédacteur, effeuilleuse, journaliste, modèle, illustrateur; toutes ces personnes qui m’ont apporté de la joie et de la fierté ont réussi à mettre quelques lignes pour dire adieu à cette année. Et si 2021 ne sera certainement pas une année miraculeuse, la manière dont nous avons appris à nous protéger, prendre soin de nous, reconnaître que c’est la merde tout en conservant notre force, seront des mécanismes nécessaires pour tenir bon, ou du moins essayer – ou alors, être simplement nous.

Writing about 2020 is a difficult task, as it’s hard not to sound excessive and write a conclusion that won’t be « too much »: too optimistic, too privileged, too pessimistic, too sad, too searing, too bitter.
As a person suffering from an orphan disease, and so, part of the « at-risk population »; I’ve felt as afraid, as exhausted, and as frustrated, throughout the year. But- and without necessarily thinking that a happy ending will magically happen just like in musicals or that tomorrow will be a new perfect blank page on which everything will be erased- the persons I’ve met this year showed me the light in the darkest places.
I’ve asked all the people I worked with in 2020 the following tricky question: how did you stay motivated and hopeful in 2020?
Editor-in-chief, burlesque artist, journalist, model, illustrator; all these persons that brought me joy and pride managed to write a few lines to say goodbye to 2020. And if 2021 is certainly not going to be a miraculous year, the way we learned to protect ourselves, take care, acknowledge and face the shittiest situations while preserving our energy and strength is a way that will help us to hang on, or at least, trying to or to simply be.

Malaika Astorga, co-fondatrice d‘Also Cool Mag, artiste, créatrice de contenus
Malaika Astorga, co-founder of Also Cool Mag, artist, content creator

Photographer: © Matthew Sperdakos – @sperdakos
Malaika a publié dans Also Cool Mag un article à propos du shooting Not your Devil
Malaika published in Also Cool Mag an article about the photoshoot Not Your Devil

“I began 2020 in a completely different place than where I am now. I learned how to be intentional with my time and energy, communicate well, and show up in my friendships and relationships in a real way. Through pure love from friends and community, I was able to find myself and get back on my feet.
Also Cool Mag was a huge part of that, from organizing huge events at the beginning of the year to online festivals and fundraisers and coordinating and writing almost 100 articles with collaborators worldwide. In my personal work, I started illustrating and doing social media strategy full time and wasn’t afraid to know my worth. I may not have seen as many friends IRL this year, but I’ve made the most beautiful connections and friendships online, with you being one of them! So thank you, and here’s to a (hopefully) beautiful new cycle.”

“J’ai entamé 2020 avec une attitude toute différente de celle que j’ai actuellement. J’ai appris à dépenser mon temps et mon énergie de manière réfléchie, à bien communiquer, à me montrer présente pour mes amis.es et dans mes autres relations. C’est grâce au réel amour de mes amis.ies et de ma communauté que j’ai pu me retrouver et reprendre pied.
Also Cool Mag n’y a pas été indifférent : de l’organisation d’événements importants en début d’année aux festivals en lignes, cagnottes, et en passant par la coordination et rédaction d’une centaine d’articles avec des collaborateurs.trices du monde entier. Dans mon travail personnel, j’ai commencé l’illustration et à proposer mes services en stratégie pour réseaux sociaux à temps plein et je n’ai pas eu peur de découvrir la valeur de mon travail. Je n’ai peut être pas vu beaucoup d’amis dans la vraie vie cette année, mais j’ai fait les plus belles rencontres et connections en ligne, avec toi y compris ! Alors merci, et en espérant qu’un nouveau et beau cycle commence !”

Marion, créatrice de la marque Atelier Amarante
Marion, fashion designer and owner of the brand Atelier Amarante

Marion, créatrice d’Atelier Amarante • Marion, fashion designer and owner of the brand Atelier Amarante
Photographer: © Emmanuelle Sangani – @emmanuellephotographie
Le shooting « The soul unto itself » a été conçu pour la marque Atelier Amarante.
Aphrodite (à gauche) et Léa portent des robes créées par Marion.
•  The photoshoot « The soul unto itself » is a story that was told especially for the brand Atelier Amarante. Aphrodite (left) and Léa wear dresses designed by Marion.

“J’avais beaucoup d’espoir pour 2020, une année remplie de bonheurs que je me serais créés, remplie de créations. En effet, la mort de ma mère fin 2019 m’a totalement bouleversée, mais son souvenir et son âme restés en moi m’ont donné le courage de continuer à me battre et à m’épanouir. J’ai eu envie de vivre à fond ma passion pour la création de vêtements, d’étoffer mon univers et de le partager avec les autres.
Les collaborations photographiques pour mes capsules m’ont clairement sauvé la vie, travailler avec d’autres personnes sur un projet commun m’a maintenu la tête hors de l’eau. Et je remercie tous ceux qui ont croisé ma route dans l’aventure Atelier Amarante car je pense qu’ils ne se doutent pas un instant de tout ce que ça a représenté pour moi, que l’on me fasse confiance, qu’on me soutienne, et qu’on continue à apprécier mon univers qui évolue en même temps que moi.”

“I’ve had lots of hope concerning 2020, a year of happy moments that I’d have created, full of new designs and pieces. My mother’s death at the end of 2019 devastated me, but the memory I’ve got of her and her soul remaining in mine have given me the courage to struggle and blossom. I wanted to truly live my passion for fashion design, and develop my inner world that I’d share with others. Photographic collaborations for my then under-development capsule collections actually saved my life. Working with other people on a joint project helped me to get my head out of the water. And I thank everyone who crossed my path and took part in the great adventure that my brand Atelier Amarante represents. I think that they don’t have any idea of what it meant for me, that someone trusted me, supported me, and kept loving my inner world that’s been growing and changing, just as I’ve been doing.”  

Anthony Azevedo, couturier, créateur de la marque Azevedo
Anthony Azevedo, fashion designer, owner of his brand Azevedo

Anthony, créateur de la marque Azevedo • Anthony, fashion designer and owner of the brand Azevedo
Photographer: © Carlos Alonso, 2019
Anthony a été mon invité durant un épisode du podcast pour le Slow Fashion Movement France • Anthony was my guest during a podcast episode of the Slow Fashion Movement France podcast (episode in French only)

« Après l’année que nous venons de vivre, avec les rebondissements que nous connaissons tous, je préfère retenir la partie positive et prendre en considération la chance que j’ai d’avoir et de recevoir toujours autant de soutien et d’amour, sans condition. 2020 est la première année d’existence officielle de la marque. Malheureusement et indépendamment de ma volonté, nous n’avons pu mener à terme l’intégralité des événements et collaborations prévus. Je remercie tout de même mes clients et partenaires qui sont restés fidèles et ont toujours été présents ! Je devais aussi vous présenter notre deuxième collection ISHBILIA. J’ai donc profité de ces derniers mois pour peaufiner et agrandir cette collection, avec le soutien et l’enthousiasme inaltéré de notre AZTEAM. Nous travaillons sans relâche pour qu’elle voit le jour courant 2021. Aussi, un nouveau projet est en cours de réalisation et nous avons tellement hâte de vous le dévoiler et de partager tout cela avec vous ! Nous sommes remplis d’ambition et d’énergie pour accueillir cette nouvelle année.”

“After the year 2020 we have lived through, full of unforeseen events that we have all known now, I prefer to look at the positive side and take into consideration how blessed I am as I’ve received so much support and love from my community. 2020 marks the first official year of existence of my brand. Unfortunately and against my will, it was not possible to carry out all of our planned events and partnerships. More because of this, I would like to thank my customers and partners who were always close and considerate! Although I wanted to present my second collection ISHBILIA last April as you know, we have taken advantage of this period to perfect and expand our collection with the unbroken support and enthusiasm of our AZTEAM. We will continue to work tirelessly in 2021 to make this happen. Also, a new project is in process and we are looking forward to sharing it with you. We are full of passion and energy to start this fresh new year”

Alima et Coline, d’Au Boulot Cocotte, entreprise dédiée à la création fait main sur Toulouse
Alima and Coline, owners of Au Boulot Cocotte, a company dedicated to handmade creation in Toulouse

Photographer: © Lucie Paimblanc,
Alima (à gauche) a été l’une de mes invitées durant un épisode du podcast du Slow Fashion Movement France •
Alima (left) was one of my guests during a podcast episode of the Slow Fashion Movement France podcast

“Ce qui nous a maintenu à flots pour 2020, c’est le soutien de nos communautés, les personnes qui interagissent avec nous, sur Instagram comme sur Facebook, des personnes qui viennent vers nous en disant “telle personne nous a dit que”. C’est un soutien qui n’est pas négligeable, parce qu’on s’est lancé il n’y a pas si longtemps que ça. Savoir que nous sommes “appréciées”, c’est quelque chose qui nous porte et nous pousse à continuer. Au-delà de ça, savoir qu’il y a des personnes qui nous attendent qu’on puisse proposer des rendez-vous dans la vraie vie, poursuivre notre aventure… C’est aussi le fait que les gens nous soutiennent en nous disant “c’est génial ce que vous faites, vous avez tout pour réussir”. Et ensuite, nos familles et proches nous poussent à aller de l’avant. Pour englober ces deux choses, ce qui nous a motivé, c’est nous. On est deux, on a la chance d’être deux à vivre cette aventure. A deux, on peut facilement échanger, se partager nos coups de mou, se rassurer, se tirer vers le haut. 2020 n’aura pas été une année simple, mais grâce aux autres et grâce à nous aussi, on a réussi à tenir le bon bout et on espère que 2021 nous réserve de belles surprises, tout en gardant notre optimisme.”  

“What kept us afloat in 2020 is the support of our communities. The people that interact with us on Instagram and Facebook, the ones that come towards us and say: “someone told us that…”. It’s a sizable support because we launched our business not that long ago. Knowing that we are “liked” gladdens and empowers us. It leads us to continue to grow. Along with it, knowing that people are expecting us, expecting the future days we’ll plan meetings, workshops in real life, and want the journey to be carried on… It’s the fact that people support us by saying “What you’re doing is so great, you’re going to make it”!. Our families and close ones make us forge ahead. To put it in a nutshell, we’d say we draw our strength from our duo. Teaming up with a partner is a boon to pursue this adventure. We can easily talk, share our concerns, pick each other up, and reassure each other. 2020 wasn’t easy, but thanks to others and us, we’ve been staying on the right track and now we hope that 2021 has many surprises in store for us and we remain optimistic.” 


Florence Boué, effeuilleuse burlesque et modèle
Florence Boué, burlesque artist and model

Florence, en coulisses durant le Festival Burlesque de Toulouse en 2020, au Kalinka • Florence, in the backstage area of the 2020 Burlesque festival which took place at the Cabaret Le Kalinka

“Qu’est ce qui ta motivé et/ou donné de l’espoir en 2020? Trouver un travail qui me permette d’attendre sereinement la reprise de mes activités : modèle vivant en présentiel, effeuilleuse burlesque sur scène au Kalinka ou ailleurs. Retrouver le contact avec le public si essentiel à la vie que j’ai choisi depuis presque 15 ans. Avoir l’espoir de serrer à nouveau mes amis dans mes bras.”

“What motivated me or gave me hope in 2020? Finding a work that allows me to wait peacefully to pick my artistic jobs back up: as an on-site life model, a burlesque artist on stage at the Kalinka or elsewhere. Meet again the audience, which is at the core of the life I’ve chosen to have for almost 15 years. The hope of holding my friends in my arms again. »

Sébastien Caprice, artiste
Sébastien Caprice, artist

Sébastien et moi avons travaillé ensemble sur le projet Autumn Elegance : une collaboration entre photographies et illustrations. Ici, l' »Epaulette » • Sébastien and I worked together on the project Autumn Elegance: an artistic collaboration combining photographs and illustrations. Here, the artwork named « l’Epaulette »

“Bien que 2020 ait été une année quelque peu chaotique vu ce qui se passe dans le monde actuellement du fait de la pandémie et des crises qui en résultent, d’un point de vue personnel j’ai eu des moments inspirants et motivants : une rentrée d’argent inespérée pour l’avancement de mon projet, même s’il n’a pas pu aboutir pour l’année 2020. Mais la base est là, j’ai quand même pu avancer sur mon projet professionnel, enfin administrativement avec l’école de mode, donc il faut juste relancer la machine pour 2021. Mais c’est surtout une rencontre, durant le confinement. Cette personne qui est devenue mon meilleur ami, un frère m’a beaucoup aidé et soutenu dans mon projet professionnel. Sous sa supervision, j’ai grandement pu avancer sur l’identité de la marque que je souhaiterais monter plus tard et c’était inespéré car avant de le rencontrer, j’étais bloqué. Il m’a fait sortir de ma zone de confort et m’a fait libérer mon imagination.”

“Even if 2020 has been quite a chaotic year, regarding what happened due to the pandemic and the resulting crises, on a personal level, I had inspiring and exhilarating moments: A never dreamt cash infusion that turned out to be crucial for the advancement of my project. Even if it didn’t become actualized in 2020, I still managed to bring it forward, at least administratively with a fashion school, so I just have to get the machine going in 2021. My biggest highlight was when I met someone during the lockdown. That person has become my best friend, a brother that helped me and supported me for my career objectives. Under his supervision, I could make progress about the identity of the brand I’d like to create, later. It was a fortunate meeting, as before I was stuck. He helped me to get out of my comfort zone and free my imagination. »

Betty Crispy, effeuilleuse burlesque, directrice de l’ABC l’Académie Burlescô Cabaret, professeure de danse et de cabaret, modèle
Betty Crispy, burlesque artist, headmistress of the ABC the Académie Burlescô Cabaret, dance and cabaret teacher, model

Betty, en coulisses durant le Festival Burlesque de Toulouse en 2020, au Kalinka • Betty, in the backstage area of the 2020 Burlesque festival which took place at the Cabaret Le Kalinka

“En 2020, bien-sûr, le monde du spectacle et le monde culturel ont énormément souffert de cette situation. Ce qui m’a donné de l’espoir et maintenu une activité à la fois rémunératrice et surtout presque quotidienne, qui permet de garder la tête hors de l’eau et de rester positif, c’est que j’ai pu continuer à donner des cours à toutes mes élèves de mon école de danse et de cabaret de Bordeaux, l’ABC l’Académie Burlescô Cabaret
Nous avons pu nous retrouver en juin, avec les masques, juste avant la fin d’année. Nous avons dû modifier notre spectacle de fin d’année qui normalement a lieu dans un grand cabaret à l’Ange Bleu, chaque fin de saison, pour faire un spectacle d’école. Là, il a bien-sûr été annulé, mais nous n’avons pas voulu abandonner ce projet-là. Nous avons modifié notre façon de faire et nous avons, sans public, organisé un tournage de clips pour que toutes nos élèves, nos 13 groupes d’élèves de danse, puissent danser leur chorégraphie apprise durant cette année. Ca a été fait début septembre, sans public à l’Ange Bleu. Ca a été un bonheur de voir ce résultat et une finalité à cette année 2019 2020 qui a été difficile. En septembre nous avons pu nous revoir pour le début de la saison de l’école, nous avions les masques, et bien-sûr, nous avons été reconfinés peu de temps après. Nous avons décidé de maintenir les cours hebdomadaires par Zoom. Nous sommes 3 profs et nous avions toutes nos élèves, environ 140, chaque semaine sur 13h de cours hebdomadaires. Les cours par Zoom étaient organisés aux heures habituelles de cours. C’était un bonheur de retrouver les filles, chez elles, en tenues de danse. Alors, bien-sûr, il faut énormément adapter le travail chorégraphique, mais c’est un bonheur communicatif de se voir, de maintenir cette activité, étant privées de culture, de vie sociale, pas de restaurants et pas de bars… Et bien nous avions ce rendez-vous d’une heure hebdomadaire avec chacun des groupes pour se retrouver, prendre des nouvelles, et puis pour danser ! Faire un peu de training, stretching et apprendre des chorégraphies. Et pour motiver tout le monde dans ces circonstances particulières, nous avons préparé avec les profs de mon école une surprise publiée le 25 décembre sur Youtube et la page Instagram de l’école. Nous avons appris une chorégraphie commune à l’ensemble de nos élèves, sur le thème de Noel, et c’est un travail uniquement en ligne. Ca génère beaucoup de plaisir, de bonheur et sourires et j’espère une petite bouffée d’air pour tout le monde, dans ces circonstances toutes particulières.
2020, pour moi, c’est vraiment mon école qui m’a sauvée. Privée de spectacles, il ne me restait plus que mon école pour danser.” 

“In 2020, of course, the cultural and entertainment industries hugely suffered from that situation. What gave me hope and was also a daily income-generating activity was the ability to still give dance and cabaret classes at my school, the ABC l’Académie Burlescô Cabaret. It helped me keep my head above water and be positive. My students, the teaching staff, and I met in June 2020, with the masks on. It was just before the end of the school year. We had to modify our end of year show that normally takes place in a great cabaret, l’Ange Bleu. Of course, this year our performance there was canceled but we didn’t want to give up on the 2020s edition. We changed our procedure and without an audience, we’d plan a video shooting of the show. This way, our 13 groups of students could show the choreography they’d learned. We did it at the beginning of September. It was a true blast to see these results and a beautiful way to end the year 2019-2020, which had been very difficult. In September, after the first lockdown, we could start the beginning of the school year and see each other, with the masks on, and then the second lockdown happened. We decided that the classes must continue online, every week, and on Zoom. We are three teachers and all our students (about 140) attended the 13 weekly hours of class. The Zoom classes happened during the usual hours. It was a blessing to see the students again, dressed in their dancing outfits. Of course, adapting the classes online implies a lot of work, but it’s a delight to see each other again virtually and maintain this activity to cheer us up together. My students are deprived of any outdoor and cultural life, so this weekly meeting was the occasion to talk to each other, check in with each other, and dance! We worked out, stretched, and learned new choreography. And to perk up everyone in those odd circumstances, the other teachers and I prepared a surprise: a Christmas choreography, taught by all the students and that was online on Youtube and Instagram on the 25th of December. It generates lots of joy, smiles, happiness and I hope that is a breath of fresh air for everyone that watches it. In 2020, what saved me is my school. I couldn’t perform at any shows, so my school was the only place where I could dance.” 

Camille Darracq, artiste
Camille Darracq, artist

Camille a participé à la collaboration « Projet Tulipe » publiée sur Instagram •  Camille is one of the artists that took part in the « Tulip Project » collaboration

« L’année 2020 a été assez particulière pour tout le monde, c’est pourquoi j’ai eu envie d’apporter un peu d’évasion aux gens en créant des illustrations faisant voyager (des bords de piscine au soleil, des vues sur la mer, des architectures du Pays Basque…). Ce qui m’a motivé aussi cette année, c’est qu’en plus de la vente en ligne (Etsy) que je faisais déjà depuis un moment, j’ai eu l’opportunité de vendre mes illustrations dans 2 boutiques physiques (Le Shop à Bordeaux et Retropolis à Toulouse). Cela m’a permis de rencontrer pleins d’autres créateurs mais aussi d’élargir mes thématiques d’illustrations en créant par exemple une série de visuels sur Toulouse (et je suis également en train de préparer une série sur Bordeaux). »

“2020 was very particular for everybody, that’s why I wanted to help people escape by illustrating landscapes and views (edges of swimming pools, seasides, Basque Country architecture)…
What kept me motivated throughout the year, besides the online selling of my illustrations on Etsy, is that some of them are now for purchase at Le Shop (in Bordeaux) and Retropolis (Toulouse). That enabled me to meet many other designers and also to expand my artistic scope, by, for instance, conceiving a series of pictures about Toulouse (I’m actually preparing a series about Bordeaux”.

Cessdy, artiste
Cessdy, artist

Cessdy a participé à la collaboration « Projet Tulipe » publiée sur Instagram •  Cessdy is one of the artists that took part in the « Tulip Project » collaboration

“En 2020 je dirai que la création m’a donné de l’espoir. De nombreux projets ont vu le jour cette année. Le confinement a fait émerger de la créativité dans tous les domaines, c’était super inspirant.
Et oui quand le moral n’était pas présent, le dessin m’a vraiment permis d’extérioriser des émotions, des angoisses… J’ai donc créé des illustrations toute l’année en essayant de les partager sur les réseaux. C’était une façon pour moi d’envoyer de l’amour et de la douceur dans un moment difficile pour tous.”

“In 2020, I would say that the act of creating gave me hope. Numerous projects were carried out throughout that year. Lockdown led to a rising of creativity in many domains, and it was extremely inspiring. And yes, when I felt blue, drawing allowed me to express my feelings and dreads… So, I’ve made many illustrations throughout the year and tried to share them on social media. It’s a way for me to give love and sweetness during a difficult time for all of us.”

Lydia, gérante de la friperie Favoris Boutique Vintage
Lydia, owner of the vintage store Favoris Boutique Vintage

En 2020, le magazine Lyun a publié en couverture de son numéro d’hiver une photographie d’Agnès Tassel lors du shooting pour la sélection automne hiver de Favoris Boutique Vintage.
Lydia a également été mon invitée durant un épisode du podcast pour le Slow Fashion Movement France • In 2020, Lyun Magazine published as a cover a photograph of Agnes Tassel from the Favoris Boutique Vintage fall-winter selection photoshoot. Lydia was also my guest during a podcast episode of the Slow Fashion Movement France podcast (episode in French only)

“De façon assez simple, ce qui m’a motivée en 2020 ce sont plusieurs choses : une puissance de vie et d’optimisme qui font partie de ma personnalité, c’est une chance d’avoir ça en soi. Ce qui m’a motivée, c’est la passion, du job, et plus absolue, dans la vie, d’”embrasser” les choses, les gens. Capter les énergies positives de tous mes proches et pouvoir en donner. Donner de la bienveillance et de l’amour. Plus concrètement, ce qui m’a aidée, ce sont tous les encouragements et le soutien de la communauté Favoris. J’ai bien senti une grosse détermination de celles qui aiment Favoris pour ne pas que Favoris fasse faillite. Ça, ça n’a pas de prix. Plus je sentais que la communauté était à fond pour ne pas que ça s’écroule, plus je voulais donner, être créative, sortir des sentiers battus, essayer de divertir. Au second confinement, j’étais moins abattue qu’au premier, j’ai proposé une sélection de looks par tailles, une playlist qui me tient à cœur…Je crois que c’est une sorte de spirale très constructive qui s’est créée de donnant donnant : une propulsion d’énergie pour en donner en retour. On a tous été un peu des supers héros et super héroïnes en 2020 et j’espère qu’en 2021 on retrouvera tout ce qu’on aime : concerts, musées, cinémas, expos, bars, restos, boîtes de nuit… Parce que ça, c’est ce qui a cruellement manqué, c’est ce qui me motive beaucoup normalement et ça a été difficile. Et heureusement il y a eu d’autres élans qui sont venus vers moi et m’ont aidée à ne pas lâcher l’affaire. L’implication des proches n’a pas de prix, et ce, pas seulement en 2020. Elle est toujours à mes côtés, dans mon quotidien de vie. La puissance de la solidarité de la communauté Favoris a été très significative en 2020.”

“Simply put, several things have kept me motivated: a powerful optimism and strength for life that are parts of my personality. I’m lucky to have them in me. What motivated me is my passion, for my job, and a more absolute one, in life, to “embrace” people and things. Feel the positive vibes of my close ones and be able to give off some, to spread love and compassion. Concretely, what helped me are the cheering words and the support of the Favoris community. I’ve seen a strong determination of the ones who truly love Favoris so that the shop won’t go bankrupt. It’s priceless. The more I felt that my community would go flat-out for my business to not crumble, the more I wanted to give to others, be creative, try to entertain people, and get off the beaten track. During France’s second lockdown, I felt less downcast than during the first and I prepared a selection of outfits for each size, a playlist that I love… I think that’s a sort of upward spiral that proved to be very constructive as it was mutually beneficial. A boost of energy that was given back then. We all have been superheroes in 2020, and I hope that in 2021, we’ll be able to go back to the places we love: concerts, museums, theaters, exhibitions, bars, restaurants, night clubs. Because that’s what I’ve missed for the most, it’s what normally gives me a lot of energy. Hopefully, I’ve had momentums that helped me not to give up. The fact that my dear ones are greatly involved in my life and business is precious, and this, not only in 2020. I feel their involvement every day, every time. The power of the Favoris community’s solidarity has been extremely significant in 2020. ”

Maya Hassa, journaliste pour Also Cool Mag, DJ
Maya Hassa, journalist for Also Cool Mag, DJ

Maya a rédigé dans Also Cool Mag un article à propos du shooting Not your Devil
Maya wrote in Also Cool Mag an article about the photoshoot Not Your Devil

« The past year was testing for many reasons, but one of the most striking lessons it taught me was the importance and strength of relationships. Social distancing made us rethink how to connect with each other for the sake of sanity and physical wellbeing. People went above and beyond to build a sense of community, whether that was in the form of group workouts in the park; free online workshops for mental health, skill-sharing, and community organizing; or the first-ever queer club night on Zoom. I got a lot of happiness from sharing the products of my stress-baking and dropping little packages of cookies or cakes at my friends’ doorsteps. Whatever it was, people showed up for each other in surprising ways. People I haven’t spoken to in years were checking in on me – and it made me realize that some of my friendships were much stronger than I had originally assumed. Living alone, knowing that I could rely on the people around me was what kept me going from day to day. What seemed at the beginning as a recipe for an epidemic of loneliness turned out to be an opportunity to build stronger community ties, design better support systems, and forge hope for more widespread empathy and mutual understanding. » 

« Pour de nombreuses raisons, l’année passée a été éprouvante, mais l’une des leçons les plus marquantes que j’en retiens a été celle de l’importance et de la force des relations. Pour le bien de notre santé, la distanciation sociale nous a obligé à revoir comment être connecté les uns.es. Les gens se sont surpassés pour faire naître un sentiment de communauté, qu’il s’agisse de séances de sports en groupe dans un parc, des ateliers gratuits pour prendre soin de notre santé mentale, des échanges de compétences, l’organisation de nos communautés, ou la première soirée night club queer sur Zoom. J’ai éprouvé beaucoup de joie en échangeant mes créations culinaires lorsque je compensais mon stress en pâtissant et en déposant des petites paquets de cookies ou gâteaux devant les portes de mes amis.es. Qu’elle qu’en soit la forme, les gens se sont montrés présents de manière surprenante. Des personnes à qui je n’avais pas parlé depuis des années m’ont contactée pour savoir comment j’allais, et cela m’a fait réalisé que certaines de mes amitiés étaient bien plus fortes que ce que je croyais au départ. Comme je vis seule, le fait de savoir que je pouvais compter sur des gens autour de moi m’a fait avancer jour après jour. Ce qui semblait d’abord être une recette pour une épidémie de solitude s’est transformée en une opportunité pour resserrer nos liens au sein de nos communautés, élaborer de meilleurs systèmes de soutien, et créer de l’espoir en une empathie partagée et une compréhension mutuelle. »

Balkis Hmida, journaliste, fondatrice et éditrice en chef de Within the Den
Balkis Hmida, journalist, founder and editor-in-chief of Within the Den

Within the Den a été l’un des partenaires du Slow Fashion Movement France •
Within the Den has been one of the partners of the Slow Fashion Movement France
Découvrez « Racines« , le second numéro du magazine Within the Den • « Racines« , the second issue of Within the Den magazine

“J’ai eu besoin de beaucoup de recul pour comprendre ce qu’il se passait, donc le temps que je réalise ce qui se produisait durant la première partie de 2020, la deuxième partie s’écoulait, donc je vivais au jour le jour. Ce qui m’a motivée, c’est vraiment Within the Den, c’est un projet qui me tient à cœur et le faire évoluer était très important pour moi, je voulais voir jusqu’où ça pouvait aller, et je n’en suis pas peu fière ! Cette année, je trouve qu’on a pas mal avancé, comme d’habitude, c’est jamais assez bien, mais si je devais poser le bilan, je suis assez fière de cette année 2020 pour Within the Den. On a sorti deux numéros, le deuxième témoigne vraiment de notre évolution, j’en suis extrêmement fière, on voit qu’il y a de grandes différences. 
Mis à part ça, Benoit, mon copain, a été une énorme source de motivation, notre relation m’a permis de devenir la meilleure version de moi-même.  Les moments où je voulais arrêter Within the Den, Benoit a toujours été là pour me dire de continuer, de me dire que ça viendra. Mon père m’a énormément soutenue également. Je voulais le rendre fière. 
Et sinon, ce qui me motive en général ce n’est pas le court terme, mais le long terme, voir loin, et pas seulement sur cinq mois. Le fait de me projeter dans cinq ans avec mes projets me motive et me permet de me dire “pour accomplir cela, je vais y arriver”. Parfois, ce n’est pas de la projection, j’agis comme si ce que j’ai en tête va forcément se produire dans cinq ans, par exemple.”

“I really needed to step back to figure out what was going on. At the time I realized what was happening during the first part of 2020, the second part was going by, so I had to live one day at a time. What motivated me is my magazine, Within the Den. It’s a project that matters a lot to me, having been able to develop it was extremely significant to me. I wanted to know how far I could go, and I’m really proud of the roads I’ve traveled. This year, there’s been some bit of advancement. I’m not fully satisfied, but if I had to take stock of 2020, I would say that I’m really proud of my accomplishments concerning Within the Den. Two issues were released, and the second one is a true milestone about our evolution. There are huge differences between the two issues. 
Apart from my magazine, my boyfriend, Benoit, has always been there for me, he is my driving force and our relationship helps me to become the best version of myself. Benoit encourages me to pursue my efforts, he has been telling me that things will go well when I wasn’t that confident. My dad also supports me a lot. In 2020, I wanted to make him proud. Besides, what really motivates me is long-term visualization, to see far ahead. Not only to envisage things over five months, for instance. Looking into the future, over five years, while focusing on my plans and projects stimulate me a lot, and it enables me to say “to do so, I have to make them happen”. Sometimes, it’s not what I only expect, I go ahead as if what I have in mind will truly happen.”

Ximun Iñarra, graphiste
Ximun Iñarra, graphic designer

Ximun a participé à la collaboration « Projet Tulipe » publiée sur Instagram •  Ximun is one of the artists that took part in the « Tulip Project » collaboration

“2020 restera sans aucun doute dans les livres d’histoire. Le contexte a fait qu’il n’a pas été facile pour tous de garder espoir et de rester motiver. Pour ma part, j’ai été diplômé d’un Master en Direction Artistique Numérique. Les derniers mois de mes études n’ont pourtant pas été faciles… Le travail qui s’accumule, les cours en distanciel, le fichu syndrome de l’imposteur… J’en étais même venu à vouloir changer de métier, du moins pour quelques mois… Pourtant, j’ai fini mon année en étant l’un des coups de cœur du jury ! La validation de mon travail de graphiste et la reconnaissance des causes pour lesquelles je me bats m’ont rappelé les raisons qui font que j’aime mon métier. Aujourd’hui j’embrasse ma créativité et je réapprends à l’exploiter pour moi avant tout.
Je ne suis pas du genre à broyer du noir et à déprimer… bien sur qu’il m’arrive d’avoir le blues mais je suis convaincu qu’avec la pensée positive rien n’est impossible ! Alors « +=+ », « qui veut peut » ou « fais confiance à la mycose », choisissez votre mantra et foncez réaliser vos rêves !”

« Undoubtedly, 2020 goes down in history. The circumstances made some of us difficult to be hopeful and motivated. As for me, I’ve graduated with a Master’s Degree in Digital Art Direction. The very last months during which I’ve finished my studies were difficult. I had a backlog of work, the distance learning classes were not my cup of tea and I suffered from the impostor syndrome… I almost wanted to change my job, or at least, only for a few months, yet I ended my senior year by being singled out for special mention by the board of examiners! My graphic design work being validated and having the causes for which I fight for recognized, these moments reminded me why I do this job. Today, I embrace my creativity and learn again how to use it firstly for myself. I don’t normally feel downhearted and depressed, even though I sometimes feel blue, I’m really convinced that with a positive mind, nothing’s impossible! So “+=+”, “where there’s a will, there’s a way”, “trust the fungus”, choose your mantra and hurry up to make your dreams come true!”

Alizée Laurence, directrice artistique, graphiste, fondatrice de la marque Peculiar Mind
Alizée Laurence, art director, graphic designer, founder of the brand Peculiar Mind

Photographer: © Michael Randrianandroarison
Alizée a été mon invité durant un épisode du podcast pour le Slow Fashion Movement France • Alizée was my guest during a podcast episode of the Slow Fashion Movement France podcast (episode in French only)

“Le fait que nous étions en confinement cette année en 2020 m’a donné suffisamment d’espace et a fait place à l’introspection. J’ai pu reconduire ma ligne directrice artistique au sein de mon business. J’ai pu axer de nouvelles manières de penser et d’actions… C’est ce qui m’a réellement motivée cette année. Je pense que l’un des buts de la vie est de transcender comme un alchimiste toutes situations difficiles en opportunités. Aussi de saisir toutes ces opportunités à leur envol pour en faire une force et rebondir. C’est difficile, mais c’est selon moi dans la flexibilité que la force réside. Dans ce contexte: je ne remercierai jamais assez Marie de m’avoir donné l’opportunité d’être interviewée en ces temps difficiles pour la slow fashion season! Le monde change ! Elle a fait un travail remarquable et très bien ciblée !”

“Being quarantined in 2020 helped me to get more space and time for myself and this led to introspection. I was able to renew my artistic guiding principle concerning my business. I could focus on new ways of thinking and acting. All of these elements really kept me motivated throughout the year. I think that one of the goals in life is to overcome any difficult situations as an alchemist would do. Catching opportunities and using them as a strength to bounce back. It’s really hard to do so, but to me, flexibility remains a sort of power. During that context, I would never thank Mary enough for giving me the opportunity to be interviewed for the Slow Fashion Season in these difficult times! She’s made an incredible job, very well directed!”

Pauline, fondatrice de la marque Les Affranchies
Pauline, founder of the brand Les Affranchies

Photographer: © Madame Léon
Pauline a été mon invité durant un épisode du podcast pour le Slow Fashion Movement France • Pauline was my guest during a podcast episode of the Slow Fashion Movement France podcast (episode in French only)

“Ce qui m’a motivé et aidé à surmonter 2020 ? Les échanges. Cette année, nos échanges ont été réduits, donnant à chaque occasion de rencontrer et de débattre plus d’importance, de profondeur. Comme si l’écoute avait été décuplée par le confinement. J’ai oscillé, alterné des périodes de boulot névrosé avec des jours 0 motivation accompagnée de ma BFF (la culpabilité entrepreneuriale), mais j’ai également pris le temps de découvrir de nouvelles passions, comme l’art de la bouture. Observer le long développement d’une plante, ça fait prendre du recul sur sa propre évolution ! J’ai écouté des podcasts, principalement des voix de femmes qui s’élèvent. J’ai senti la communauté féministe frémir, se renforcer. Vu les lignes bouger. L’Écosse distribue des protections hygiéniques gratuites et les Argentines gagnent leur droit à l’IVG. Leurs cris de joie sont le son même de l’espoir, il faut s’en nourrir, et faire passer !”

“What helped me to stay motivated and to overcome 2020? The interactions. This year, they were reduced, making each occasion to meet and debate more important and in-depth. As if the act of listening had been increased by the quarantine. I swayed, shifted between times when I was neurotic at work without a single day of motivation, and I was accompanied by my BFF: the entrepreneur guilt. Notwithstanding, I also took the time to find new passions, as the art of taking cuttings. Observing the long development of a plant made me taking things into perspective and led me to analyze how far I’d come from. I’ve listened to podcasts, mainly voices of women who rise up. I felt the feminist community shaking, strengthening, saw changes happening. Scotland now provides free period products and Argentina has legalized abortion, which is a true landmark moment for women. Their glee and shouts are the sound of the same hope, we have to be nurtured by it, and spread the word!”

Clémence, fondatrice de la marque Muse Underwear
Clémence, founder of the brand Muse Underwear

Muse Underwear a été l’un des partenaires du Slow Fashion Movement France • Muse Underwear has been one of the partners of the Slow Fashion Movement France

“Déjà je commencerai par dire que je suis de nature positive et motivée avec de l’espoir alors j’imagine que ça aide pas mal de base à passer une année comme 2020 haha ! Mais si je devais nommer quelque chose qui m’a aidé plus que les autres, évidement je dirai que c’est le lancement de mon entreprise, qui a eu lieu en Novembre et que j’ai passé ces presque 2 dernières années à construire. Également, je dirai ma communauté Instagram, qui a cru en moi et en mon projet, et m’a soutenue chaque jour depuis que j’ai créé le compte: en avril dernier ! Je dois dire que j’ai eu la chance énorme de tomber sur des nanas (et pas que) plus incroyables les un(e)s que les autres, et c’est vraiment ça, qui m’a le plus motivé et donné de l’espoir je pense !”

“I’ll start by saying that overall, my mindset is positive and that I’m really filled with hope, so I guess it’s helpful to cope with 2020, ahah! But if I had to name something that has helped me, more than any other, of course, I’d say the launching of my business in November, that I’d been preparing for two years. Also, my community on Instagram that believed in me, my ideas, and my project since day one – that, is, in late April when I created my Instagram page. I must say I was incredibly lucky to meet amazing women (and not only) each as wonderful as the next one, and that’s what gave me a lot of motivation and hope!”

Milcah Pratbernou, couturière et professeure de couture, fondatrice du Petit Atelier
Milcah Pratbernou, seamstress and sewing teacher, founder of Le Petit Atelier

Milcah a été mon invité durant un épisode du podcast pour le Slow Fashion Movement France • Milcah was my guest during a podcast episode of the Slow Fashion Movement France podcast (episode in French only)

« Concernant 2020, c’est vrai que je l’ai vécu comme une « prise de conscience » que tout peut changer à tout moment et que rien n’est sûr. D’autant que je venais de passer 2019 qui a été une année très difficile sur le plan perso (plusieurs décès, et beaucoup d’autres choses déstabilisantes). Au-delà de ces choses négatives 2020 a été l’année de la résilience mais aussi celle où je me suis retrouvée car au-delà de toutes ces tempêtes (y compris celle du covid) j’ai re découvert « mes » fondamentaux à moi ». Ce qui me stabilise, ce qui me tient debout et me donne envie d’être heureuse. C’est un ensemble de petites choses : mes filles en bonne santé qui évoluent et qui développent leur personnalité, mon mari toujours là tel un roc qui n’a pas bougé après la tempête, l’envie de créer qui est revenue, les personnes que j’aime qui m’ encouragent et me soutiennent, de nouvelles amitiés et d’autres qui se sont renforcées par « téléphone ». La joie de mes élèves en revenant aux cours, le plaisir d’échanger à nouveau mon savoir faire. Un nouveau projet professionnel qui me passionne et me permet de développer de nouvelles compétences, d’apprendre et d’y arriver. Alors même si 2020 a été dure et « pesante » je suis contente d’avoir appris plein de choses et cette crise a révélé de belles surprises sur moi (sur ce que je peux surmonter) et sur les autres. »

“2020 was both a sort of dawning and reality check, as I realized that everything can shift at any time, and nothing is certain. I had an incredibly rough time in 2019, on the personal level (several deaths of close ones and many unsettling things). Beyond the negative things that happened, 2020 was the year of resilience and the one during which I found myself back on track. Besides all the turmoil (including Covid-19), this year revolved around the most fundamental elements of my life. The ones that stabilize me, help me to stand up and make me happy. It’s an addition of small things: my daughters that are in good health, who grow up and develop their personalities, my husband who’s still by my side, who’s stayed with me like a rock in a storm, the need to create that I felt again, the people that I love who’ve been supporting me and cheering me up, and new friendships, some of which get strengthened by phone. The joy of my students who came back to attend classes, the delight to share my expertise. A new professional project that I’m really having fun to elaborate on and allows me to develop new skills, to learn more, and makes me want to succeed. So, even if globally the 2020 inherent atmosphere was really oppressive, I’m glad to have been able to learn so many things, and about the fact that that crisis has revealed surprises about me, things I can overcome and that others can too.”

Mika Rambar, artiste queer : Queen, showgirl, DJ, performer, plasticien, organisateur de soirées
Mika Rambar, queer artist: Queen, showgirl, DJ, performer, plastic artist, event organizer

Mika, en coulisses durant le Festival Burlesque de Toulouse en 2020, au Kalinka • Mika, in the backstage area of the 2020 Burlesque festival which took place at the Cabaret Le Kalinka

“Malgré la situation apocalyptique de 2020, j’ai essayé de rester positif et optimiste, même si parfois le moral n’était pas au rendez-vous. La première chose qui m’a permis de garder espoir est mon entourage, le soutien mutuel qu’on s’apporte, la bienveillance, le fait de réfléchir (tant bien que mal) à de nouveaux projets, de rester dans l’action même si le brouillard du covid nous empêche encore de voir le bout du tunnel… Les ateliers d’entrainement organisés par Stéphane Lafage (Cabaret Le Kalinka) ont aussi été des bulles d’oxygène et de stimulation dans mon quotidien. Mais de toute façon la motivation sera toujours là au fond de moi car je suis un artiste, le spectacle et la scène c’est ce qui m’anime et me fait vivre.”

“Despite the 2020’s apocalyptic situation, I tried to stay positive and optimistic, even if I had hard times. My close ones helped me to stay hopeful. What matters the most is the mutual support that we’ve been giving to each other, the kindness, the act of muddle on, the willingness to elaborate on new artistic projects, and being part of an action, besides the fog that Covid-19 put on us, preventing us to see the end of the tunnel. The training workshops planned by Stéphane Lafage (from the Kalinka cabaret) were also a breath of fresh air and livened up me in my daily life. Anyway, I know that I’ll be still motivated, deep down in me, as I’m an artist, the show and the stage exhilarate me and give me life.”

Charlotte Ronfaut, directrice artistique, designer graphique
Charlotte Ronfaut, art director, graphic designer

Charlotte a participé à la collaboration « Projet Tulipe » publiée sur Instagram. Elle a également été mon invitée durant un épisode du podcast du Slow Fashion Movement France • Charlotte is one of the artists that took part in the « Tulip Project » collaboration. She was also one of my guests during a podcast episode of the Slow Fashion Movement France podcast.

« 2020 aura été mémorable pour beaucoup de monde, bien-sûr on sait pourquoi, mais pour ma part, j’aimerais me la remémorer comme celle qui aura été l’année où j’ai fait des choix pour revenir à mes essentiels, ceux qui me correspondent et non ceux qu’on me dit de suivre.C’est finalement, m’écouter et me respecter plus.
Et en parlant d’essentiel, 2020, c’est cette année où je me suis posé les bonnes questions et où j’ai voulu être plus honnête avec moi-même en me demandant « qu’est-ce qui me fait vraiment vibrer ? » sur le plan perso et pro.
Mon plus grand challenge, qui m’a motivé à garder le cap, celui de changer de direction professionnelle ; arrêter ma marque d’accessoires de mode pour me consacrer à 100% à mon activité de designer graphique et directrice artistique et ma passion pour la communication visuelle autour de l’image de marque. »

“2020 has been an unforgettable year for many people. Of course, we know why. As for me, I’d like to remember it as the one year during which I went back to what is at the core of my main concerns, the ones for which I really care, and that are not just a trend I’d follow. To sum it up, it implies self-respect and listening.
Thinking about what is at the core, 2020 is the year in the course of which I’ve asked myself the right questions, and wanted to be honest to myself, asking: “What really makes me tick?” on both the professional and personal levels.
My biggest challenge was deciding that my accessories brand would cease to exist. This challenge is actually the one that motivated me to stay on track and change my stance. I wanted to focus only on my work as a graphic designer and art director and on my passion for visual communication and branding.”

Xingyun Shen, diplômée de la London College of Fashion, créatrice de contenus pour ShopBettr
Xingyun Shen, London College of Fashion graduate, content creator for ShopBettr

Photographe : © Ethan Lai, @chiguolai
Xingyun est une membre du Slow Fashion Movement que j’ai rencontrée en 2020 • Xingyun is a member of the Slow Fashion Movement that I met in 2020

“2020 has come to a close. Enabled by passionate communities and individuals organising to close the knowledge gap and encouraging activation, it’s safe to say that the fashion industry saw its potential for change despite being dealt with the shittiest cards. We’ve also learnt that lockdowns have temporarily shut down retail shops, hindered international shipping, but operations recover. Brands recover. Corporations survive strategically. We’ve witnessed first hand how the opacity of supply chains and lack of accountability sacrifice the working capital of the fashion industry—garment workers.
Come 2021, fashion will continue to sell. They will be claiming sustainability, circularity, recycled, organic and natural materials, eco-friendliness and ethically made clothing. But culture and human behaviour can change. The way we imagine new systems will influence businesses to keep up. We can and have been pivoting to support small businesses and mutual aid communities.
It’s tough work not to feel demoralised fighting the greater system. But I remind myself that the work continues and I cannot speak within the echo chamber. Here’s to more care, mutual support, community aid, accountability and equity within the industry.”

“2020 est arrivée à son terme. Grâce à des communautés passionnées et des personnes souhaitant combler des lacunes en matière de savoir tout en encourageant le passage à l’action, je pense qu’on peut dire que l’industrie de la mode a vu son potentiel pour évoluer, malgré le fait qu’elle ait les pires cartes dans son jeu. Nous avons également pu constater que les confinements ont causé la fermeture temporaire des boutiques tout en entravant l’expédition internationale, puis, que les opérations ont repris. Les marques s’en sont remises. Les corporations survivent de manière stratégique. Nous avons pu voir directement que l’opacité des chaînes logistiques et le manque de responsabilité ont sacrifié les fonds de roulement de l’industrie de la mode, à savoir, ces travailleurs et travailleuses. Arrive 2021, et la mode continuera toujours autant de vendre. L’industrie prétendra être durable, circulaire, prônera le recyclage, des matières bios et naturelles, l’éco-responsabilité et des vêtements élaborés de manière éthique. Mais les manières de pensées et d’agir de l’homme peuvent évoluer. La manière dont nous imaginons de nouveaux systèmes peut influencer des entreprises et corporations à emboîter le pas. Nous pouvons, et c’est ce que nous sommes en train de faire, nous tourner vers des petits commerces, puis entamer une réciprocité dans l’aide de nos communautés.
Il est très difficile de ne pas être démoralisé.e lorsqu’on se bat pour un meilleur système. Mais je me dit que ma voix doit se faire entendre, et non être un écho. J’ai de l’espoir en plus d’attention, de soutien mutuel, d’aide au sein des communautés, en la responsabilité ainsi que l’équité au sein de cette industrie.”

Isaac Taylor Shane, fondateur et rédacteur en chef de The Angels, photographe, modèle
Isaac Taylor Shane, founder and editor-in-chief of The Angels, photographer, model

Isaac a publié un article à propos du shooting Not your Devil ainsi que sur Autumn Elegance dans The Angels Mag • Isaac published an article about Not Your Devil and a second one about Autumn Elegance in The Angels Mag

“I guess I could say that being able to collaborate with and inspire creatives with the Angels Magazine throughout this year is what really kept me motivated throughout the entire year since it was started a month after the Covid-19 NYC lockdown. Since April I’ve been able to grow a beautiful community within the art and fashion worlds. Being able to give creatives a chance to be featured in a publication who would not normally have these kinds of opportunities. That and all of the love and positive energy that everyone on Instagram always gives me and the simple fact that I’m literally living my dreams and my mission.”

“Je pense que je dirais pouvoir collaborer avec des créatifs.ives tout en les inspirant à travers The Angels Magazine tout le long de cette année est vraiment ce qui m’a motivé durant 2020, en sachant que mon magazine avait été lancé un mois après le confinement à New-York. Depuis le mois d’avril, j’ai eu l’opportunité de faire grandir une belle communauté parmi les mondes de l’art et de la mode. Pouvoir donner à des créatifs.ves la chance d’être publiés dans une publication qui ne leur permettrait pas d’avoir cette opportunité. Tout ceci, et tout l’amour et l’énergie positive que je reçois sur Instagram, ça et le fait que je vis littéralement mes rêves et ma mission.” 

En listant les noms de toutes ces personnes, j’ai eu l’impression de faire la liste de convives d’une boom très cool, à laquelle j’ai pu participer. 2020 aura renforcé l’importance dans nos vies de ce que nous avons déjà. Ne serait-ce que l’importance des personnes qui viennent vers nous. Qu’il s’agisse de parents, sœurs, d’amis.ies, que l’on peut voir « en vrai », ou rencontrées par écrans interposés. En 2021, je nous souhaite d’avoir de l’espace et du temps pour nous défouler, digérer, nous reposer et collecter des moments de joie et d’amour, ne serait-ce que quelques uns.

While listing the names of these persons, I’ve felt that I was writing the names of guests to a great party that I was able to attend. 2020 has reinforced the importance in our lives of what we already have. So much as the importance of the persons who are coming towards us. Parents, sisters, friends, people we can see in real life or met on the internet. In 2021, I wish us to have enough room and space to unwind, process, take some rest, and collect moments of joy and love, even if only a few of them.



The Soul Unto Itself

Atelier Amarante fall / winter collection

“The soul unto itself” est un shooting conçu uniquement autour du poème d’Emily Dickinson. C’est plus qu’un hommage à cet écrit poétique, mais une représentation photographique des mots de la poétesse.
___
“The soul unto itself” is an editorial photoshoot conceived only around Emily Dickinson’s poem. It’s more than a tribute to this poetic piece, but a photographic representation of the poet’s words. 

The soul unto itself
Is an imperial friend,—
Or the most agonizing spy
An enemy could send.

Secure against its own,
No treason it can fear;
Itself its sovereign, of itself
The soul should stand in awe.–


Emily Dickinson (683)

Aphrodite, Flore, Holy Marie, Léa, Natacha


Cinq femmes, les cinq modèles du shooting, nous offrent leurs propres interprétations de chaque vers comme un cadeau qu’elles nous font. Ce cadeau est présent dans leurs mouvements, leurs regards, les émotions qu’elles partagent.
Elles personnifient l’ambiguïté du poème, cette instabilité parfaite qui se trouve chez les êtres humains, et cette fragilité glorieuse de l’existence.
Ce shooting est une histoire d’émotions et d’humeurs qui se reflètent les unes aux autres, une histoire dédiée à cette corde sensible, et au fait d’être dans la contemplation puis d’avancer. Entre l’obscurité et la lumière.
Une histoire où les robes d’Atelier Amarante, conçues pour durer, deviennent des tenues pour nous protéger ou des armures dans lesquelles avancer, un pas après l’autre.

___

Five women, the five models of this photoshoot, give us their own interpretation of each verse like a gift they offer us. This present is in their gestures, their gazes, the emotions they communicate. 
They embody the poem’s ambiguity, this perfect instability that can be found within humans, and this glorious fragility of existence.
This photoshoot is a story about moods and emotions that mirror each other, about that very something that strikes a chord, about contemplating and pulling yourself together. Between darkness and light.
A story in which Atelier Amarante’s dresses, built to last, become garments to feel protected or armors in which you can move, one step at a time.

Aphrodite (left) and Léa (right) wearing Atelier Amarante’s dresses
Flore (bottom left), Holy Marie (right), and Natacha (upper left) wearing Atelier Amarante’s dresses, body and skirt

Atelier Amarante

Atelier Amarante est une marque française dont Marion, la créatrice, habite Albi. La marque est une manière de montrer toute la sensibilité de Marion et son affection pour les détails élégants. Chaque pièce est inspirée par ses valeurs et centres d’intérêts : le féminisme, la littérature, la complexité de la nature, le pouvoir et l’influence des illustrations, la musique K-Pop… La marque est empreinte de la créativité de Marion, chacune de ses créations montre son amour pour les tenues intemporelles avec des éléments techniques incorporés comme des cols montants et ruchés et des manches bouffantes.
Ce qui est vraiment honorable à propos du travail de Marion, c’est le fait qu’elle s’affranchisse de la standardisation actuelle de la création vestimentaire, les tenues qu’elle propose peuvent être portées à toutes occasions, tous les jours. La marque partage alors le désir actuel de nombreux.ses stylistes et maisons de couture : célébrer la joie de créer pour chacune des personnalités de ses clientes et clients, en n’étant plus influencée par l’industrie de la mode qui force à suivre chaque tendance et à produire toujours plus.

___

Atelier Amarante is a French brand owned by Marion, a fashion designer living in Albi (West Southern France). The brand is a textile demonstration of Marion’s sensitivity and love for elegant details. Each clothing design is inspired by her personal values and interests: feminism, nature’s complexity, literature, the power and influence of illustrations, K-pop music. The brand definitely harbors Marion’s strong sense of creativity, as each piece displays her love for timeless design with stitching technicalities like modern ruffle collars and puff cuff sleeves. 
What is really significant concerning Marion’s fashion design is her clothing type and style: between made-to-wear and evening gowns, Atelier Amarante’s pieces are not only created in small quantities but can be worn for each occasion. The brand shares the current willingness of many concerned fashion designers: celebrating the joy of creating for each customer’s personality and preventing any influence from the industry and its urge to follow a new trend and produce.

Holy Marie wearing Atelier Amarante’s dress and Cryptogramme Jewelry’s earrings
Natacha wearing Atelier Amarante’s dress

Comment avons-nous raconté cette histoire : la création du shooting

How we’ve told the story: the making of the photoshoot

Le salon Art Déco du Jardin Culturel est notre décor principal pour ce shooting. Le papier peint intérieur représentant une scène d’extérieur, avec des oiseaux et un ciel bleu produit une sorte d’incongruité correspondant parfaitement à mon interprétation du poème : l’idée d’être bloqué.e, à l’intérieur, s’empêchant d’aller dehors et de ne pas vivre pleinement le moment présent.
Plus nous continuons de lire le poème, plus nous ouvrons des portes sur le décor, laissant entrer la lumière naturelle, et nous montrons que nous ne vivons plus cette phase de contemplation qui mène à un sentiment accablant.
La lumière est l’élément technique central de ce shooting. L’éclairage agressif et froid de la softbox, placé très près des modèles, crée une atmosphère onirique ou cauchemardesque. Les ombres portées des modèles présentes en arrière-plan renforcent l’idée d’être vue, d’examination de soi, et de l’existence de pensées nuisibles contre soi-même. Ajouter ce type d’éclairage à un décor Art Déco vide nous a permis de créer un shooting éditorial métaphorique, le tissu même du poème.
Les modèles ne regardent pas l’objectif, mais se regardent elles-mêmes. Nous sommes allées plus loin dans le thème du regard sur soi avec les différents miroirs et objectifs que nous avons utilisé : le cristal kaléidoscopique montre la multiplicité d’émotions, de sensations et de questions, tandis que le prisme avec les feuilles d’aluminium propage des reflets colorés des tenues, parallèles aux échos de nos personnalités. Les miroirs nous ont permis de souligner l’idée d’observation : les miroirs cassés montrent à quel point il peut être difficile de s’observer, tandis que les miroirs placés sous les pieds des modèles désignent le fait de dominer ses peurs et émotions négatives.

Ce n’est pas un shooting qui a une morale ou une fin heureuse, mais qui exprime plutôt un moment de doute, des émotions brutes et complexes. Des instants fuyants, passant d’une instabilité et un chaos intérieur à une explosion de sentiments et une nouvelle sensation de stabilisation.

___

The Jardin Culturel’s Art Deco lounge is our only setting for this photoshoot. The indoor wallpaper representing an outdoor scene with birds and blue sky produces a sort of incongruity matching my interpretation of the poem: being stuck inside (in your own thoughts) preventing yourself from going outside and not fully living in the moment. The more we continue reading the poem, the more we open doors at the setting, let in the natural light, and show that we are no longer experiencing this contemplation phase, leading to an overwhelming feeling.
Light is indeed the central technical aspect of the photoshoot. The cold and aggressive softbox lightning, very close to the models, creates a nightmarish (or fever dream-like) atmosphere. The models’ cast shadows present in each background build on the thematics of self-examination, the existence of your harmful thoughts against yourself, and the sensation of being seen, catching the eye. Adding this type of lightning in an empty Art Deco setting results in the making of a metaphorical editorial, the poem’s fabric.
The models are not actually looking at me, but looking at themselves. We go further with the theme of scrutiny with the different mirrors and lenses that we use: the kaleidoscopic crystal shows the multiplicity of selves within each person, and the aluminum paper prism is an illustration of the echoes of the self. Mirrors help us literally underscore the act of observation: broken mirrors show how difficult it might be to look at yourself, whereas mirrors put under the models’ feet prove that they transcend this act and dominate their fears and negative feelings. 
This is not a photoshoot providing a sort of “moral value” or happy ending; it’s just about a moment of doubt, complicated feelings, and raw emotions. It’s a series of fleeting instants, from instability and inner chaos to bursts of emotions and restabilization.

Flore
Aphrodite
Natacha wearing Atelier Amarante’s dress
Léa wearing Atelier Amarante’s dress and Cryptogramme Jewelry earrings
Holy Marie wearing Atelier Amarante’s dress
Flore
Aphrodite

Pour soutenir notre équipe
Last but not least: support our crew

J’ai pu rencontrer chaque membre de cette équipe pour le shooting The soul unto the self (la marque Atelier Amarante ainsi qu’Aphrodite, Flore, Holy Marie, Léa, Natacha, les modèles de ce shooting) uniquement grâce aux réseaux sociaux
Si vous souhaitez ajouter un peu de délicatesse et de poésie à votre feed Instagram, suivez la marque sur les réseaux sociaux ! Découvrez également chaque univers singulier et portraits des modèles en vous abonnant à leurs comptes.
Ma rencontre avec ces six femmes talentueuses prouve l’importance du soutien sur les réseaux sociaux, et qu’hormis la course aux likes, ils sont nécessaires pour nous, créatifs.ves qui souhaitons raconter des histoires et travailler avec des personnes de talent !
Je vous raconte plus en détails ma rencontre avec l’une des modèles, Holy Marie.

Tout a commencé par une vidéo (et beaucoup de soutien).
En début d’année, parmi les nombreuses informations que je lisais et images que je regardais, je suis tombée un soir sur une vidéo publiée par Olitax. Elle date du soir de la manifestation dénonçant les nominations de Roman Polanski aux Césars 2020, et on y voit une personne, dans la foule, se déplaçant à béquilles, puis se faire violemment jeter à terre par un CRS. 
Cette personne, c’est Holy Marie.
Son identifiant étant indiqué, j’ai pu ensuite la contacter pour lui communiquer mon soutien.
J’ai découvert le portrait d’une femme intelligente, d’une modèle talentueuse, d’un être humain tourné vers les autres. J’ai aussi découvert sa profession de travailleuse du sexe qui est intrinsèquement lié à son activisme. Holy Marie publie des textes et visuels informatifs, elle sensibilise sa communauté concernant son travail, ses collègues et les dangers de l’idéologie « abolitionniste » du point de vue de son travail, ainsi que du validisme.
Holy Marie a été l’une des cinq modèles brillantes du shooting “The soul unto itself”, et aujourd’hui alors que nous publions notre travail en ligne, elle pourrait être interdite de parole sur les réseaux sociaux, plus particulièrement sur Instagram.
Il y a quelques temps, son compte a été inactivé, son pseudo est devenu introuvable, et ce, sans aucun avertissement. Pourquoi ? Car aujourd’hui, lorsqu’on veut militer, parler de son métier de TDS, parler de sexualité, de son corps, publier des photos artistiques de nu (qui obligent à trouver de nouveaux stratagèmes pour cacher nos petites parties du corps saillantes et pigmentées appelées tétons), notre existence dans ce royaume en ligne peut être supprimée.
La vidéo dure seulement 8 secondes, Holy Marie a été brutalisée en 2 secondes, je l’ai contactée en seulement 30 secondes.
Il a fallu moins de temps pour effacer toute présence de son activisme, de ses mots et son art.
Si vous souhaitez également lui apporter votre soutien, vous pouvez vous abonner à son compte et lui donner plus de poids sur cet espace où sa voix est menacée.

___

I met each member of the team of « The soul unto the self » photoshoot (the brand Atelier Amarante, as well as Aphrodite, Flore, Holy Marie, Léa and Natacha, the models) only thanks to social media.
If you want to add more delicacy and poetry to your Instagram feed, follow the brand! Also, learn more about each model’s unique inner world by following on Instagram them as well.
My meeting with these six talented women confirms the importance of supporting people through social media, and that these interfaces, apart from Instagram’s race for likes, are necessary for us creatives who want to tell stories and work with talented people!
I tell you more details about my meeting with one of the models, Holy Marie.

At the beginning of this year, amid all the news, testimonies, and pieces of information I read, I came across a video posted by Olitax. It was shot the night during the protests against Roman Polanski’s nominations during the 2020 Césars ceremony. On it, you can see a person, among the crowd, walking with crutches and then being suddenly and aggressively thrown on the floor by a CRS (a member of the riot police). 
This person is Holy Marie.
As her I.G user ID was mentioned, I could contact her and send her my support. 
As soon as I get in touch with her, I discovered the life of an intelligent woman, a talented model, and a human being who does care about others. I also learned about her work as a sex worker, which is inherently linked to her activism. Holy Marie posts numerous informative texts and graphic designs and raises awareness concerning her work, colleagues, and how dangerous SWERF and ableism ideologies are. 
Holy Marie was among the brilliant models of the Soul unto itself photoshoot, and today, as we present our work on social media, she may be prohibited from speaking, specially on Instagram.  
A couple of weeks ago, her account was deleted, and this, without any foreword.
Why? Because today, when you want to defend the causes that are significant to you, use your voice, be loud, talk about your work as a sex worker, talk about sexuality, your body, post artistic nudes (which make us forced to find new strategies to hide the raised region of tissue on the surface of our breast named nipples), well, you can bid farewell to your existence in this virtual kingdom.
The video only lasts for 8 seconds; in only 2 seconds, Holy Marie was ill-treated; within 30 seconds, I contacted her.
It took less time to delete any trace of her activism, her words, her art.
If you want to show your support to her, follow her, help her grow her impact in this threatening place where her voice is threatened. 

Credits


Atelier Amarant: Facebook / Instagram
Models: Aphrodite, Flore, Holy Marie, Léa, Natacha
Place: Jardin Culturel : Facebook / Instagram
Special thanks to Cryptogramme Jewelry and Maison Kurage

Les partenaires de la Slow Fashion Season France – Slow Fashion Season France partners

“Il y a autant de raisons de participer à la Slow Fashion Season que de personnes.” J’écrivais ces mots dans le dossier de presse que je rédigeais en mai dernier pour présenter l’événement. Je retiendrai de ces trois mois que la mode a de nombreuses définitions, plus encore que ce que j’imaginais, qu’elle peut être associée à ce que j’appelais ces “externalités négatives”, qui sont, n’ayons pas peur des mots, des crimes, qu’elle est au diapason des changements positifs qui sont en cours, qu’elle doit être plus accessible encore, et qu’elle est parfois sources d’angoisses car, très souvent, en tant qu’acheteur.acheteuse soucieux.euse, nous avons l’impression d’être impuissants.tes,puisque nous manquons de temps et de moyens et qu’il est donc difficile pour nous de faire des choix durables, sains pour la planète et ses habitants.
C’est dans ma recherche de “qu’est-ce que la mode en 2020”, que j’ai choisi d’établir des partenariats avec des entreprises, médias et marques qui ont accompagné le mouvement de la Slow Fashion Season. 


___

« There are as many reasons as people to participate in the Slow Fashion Season movement” Last May, I wrote these words in the press kit that I’d prepared to present the event. What I will remember about that three months is that fashion has many, many, many definitions, more than I’d conceived. It can be associated with what I called “negative externalities,” which are, let’s not mince words, crimes. It also sometimes echoes society’s current positive changes. It should be more accessible and still pressuring us because we don’t have enough time and financial means as careful and concerned purchasers. So it becomes difficult for us to make conscious choices, healthy for the planet and its inhabitants. While thinking about “what is fashion in 2020?” I decided to make partnerships with companies, media, and brands that take part in this movement.




La mode est également liée à notre créativité. Imaginer, dessiner, calculer, découper, coudre, coller, lorsqu’on la voit sous le prisme de la création fait main, aux créateurs.trices indépendants, la mode est avant tout un travail manuel. A Toulouse, il existe une entreprise dédiée au faire soi-même, pour les particuliers comme pour les entreprises, pour les novices comme les plus expérimentés : Au Boulot Cocotte. Alima et Coline, les deux co-fondatrices, ont à coeur de tisser des liens créatifs avec les acteurs.trices du faire et lesToulousains.nes : elles organisent dans la ville des ateliers et des rencontres, ont mis en place une cartographie du Faire sur leur site, et sur les réseaux sociaux célèbre la créativité de la ville rose avec le #toulousecreative. Avec leur équipe de rédacteurs, elles proposent également quelques tutos et conseils sur leur blog, ce qui est essentiel pour moi quand on se lance dans un projet de couture, de broderie ou d’upcycling textile.

___ 

Fashion is also related to our creativity. Conceive, draw, calculate, cut out, sew, sticking, when seen through the prism of handmade creation and to independent designers, fashion is above all a manual work. In Toulouse, there is a company dedicated to DIY, for individuals and companies, for beginners and the most experienced: Au Boulot Cocotte. Alima and Coline, the two co-founders, want to develop creative links with the ones that make and create in Toulouse and its inhabitants. They organize workshops and meetings in the city, have set up a mapping of the « Makers » on their website, and on social networks celebrate the pink city’s creativity with the #toulousecreative. With their team of writers, they also provide tutorials and tips on their blog, which is essential for me when embarking on a sewing, embroidery, or textile upcycling project.




La mode, et particulièrement la mode durable demande également du temps. Ce serait trop paradoxal que de conserver des réflexes inhérents à la fast fashion (tout choisir trop vite, tout avoir vite) tout en s’intéressant à la mode durable. Tout est dans le nom de l’événement : la mode version “slow”. Cela s’accompagne d’une gestion du temps différente, de pauses et de recherches. J’ai choisi de collaborer avec trois médias, qui, ensemble, touchent un large public et se réunissent sur un point essentiel : la qualité des articles, qu’il faut donc prendre le temps de lire et qui nous permettent de construire notre propre perspective.

ID L’Info Durable est un média qui met en avant les problématiques de notre société tout autant que des solutions pour construire une société durable. S’informer et agir : en fonction de différentes thématiques (environnement, santé, éducation, social, politique…), chaque article présente une information en temps réel accompagnée souvent par des solutions concrètes présentées dans leur rubriques #Tous Acteurs. ID L’Info Durable publie également des guides pratiques qui sont de véritables boussoles et répondent à des questions pratiques, par exemple : “comment avoir un dressing responsable?”

Within the den est un web magazine féminin dont la devise parlante résume la ligne éditoriale : “Rugissez, réagissez”. Fondé par Balkis Hmida, qui est accompagnée d’une équipe de rédactrices, la revue aborde plusieurs thèmes : bien-être, mode et beauté, art et culture, mais également des problématiques de la vie réelle et des dossiers. Within the den s’affranchit des codes et standards “girly” de la presse féminine (qui, pour moi, pousse autant à la surconsommation qu’une remise en question perpétuelle de soi), tant dans la rédaction de ces articles de fond, que dans la présentation de marques et concepts. C’est un regard sur notre société, que les rédactrices du magazine questionnent. Le lien avec les lecteurs et lectrices se prolonge dans le podcast du magazine “Papothé” où Balkis et Simon, co-créateur du podcast, discutent de sujets variés en donnant leur perspective personnelle qui fait écho en beaucoup d’entre nous.

Relief est un site web où Camille Sultra, la fondatrice, présente différents profils de créateurs.trices, artisans et artistes mais également des lectures, des playlists, des outils & articles pour améliorer son bien-être, des recettes partagées ou encore des réflexions autour de sujets variés (environnement, société, etc.). Si les rubriques sont éclectiques, c’est parce qu’elles sont au diapason des lecteurs et lectrices de Relief souhaitant découvrir, s’informer et tout simplement réfléchir. Elle définit Relief Mag comme étant un “un support d’expressions, d’idées et d’envies”. C’est pour cela que chacun trouvera sens dans les articles rédigés par Camille, et dans ce nouvel espace de partage présent sur le web. Le site prend également de nouvelles dimensions, puisque Camille propose au sein de son épicerie des produits sains  pour l’esprit et le corps confectionnés par ses soins. Enfin, Relief c’est aussi des ateliers de cuisine pour les petits & grands gourmands dont l’unique mot d’ordre est le suivant : se faire plaisir. 

___

Fashion, and especially sustainable fashion, also requires time. It would be too paradoxical to keep fast fashion bad habits (choosing everything too quickly, having everything fastly) while dealing with sustainable fashion. It’s all in the name of the event: seeking a slower pace in the fashion industry. This change occurs with new time management, breaks, and research. I chose to collaborate with three media, which together reach a broad audience and share the same common feature: the articles’ quality. Therefore, we must take the time to read, which allows us to build our perspective.

ID L’Info Durable is an online media that highlights our society’s issues and solutions for building a sustainable society. Get informed and take action: depending on different themes (environment, health, education, social, political …), each article presents real-time information often accompanied by concrete solutions given in their #All Actors section. ID L’Info Durable also publishes practical guides that are really helpful tools and answer useful questions, for example: « how to have a responsible dressing room? »

Within the den is a women’s web magazine whose eloquent motto sums up the editorial line: “Take action, be loud”. Founded by Balkis Hmida, who is supported by a team of editors, the media covers several topics: well-being, fashion, and beauty, art and culture, but also real-life issues and issues. Within the den frees itself from the “girly” codes and standards of the women’s press (which, for me, urges us both to overconsumption and being self-conscious). The featured articles and presentation of brands and concepts are always written with a friendly and modern perspective, free from any pressure. The link with their readers continues in the podcast of “Papothé” magazine. Balkis and Simon, co-creator of the podcast, discuss various topics giving their perspective that resonate in many of us.

Relief is a website on which Camille Sultra, the founder, presents different portraits of creators, artisans, artists, readings, playlists, and tools and articles to improve everyone’s well-being. She also shares recipes and reflections concerning various subjects (environment, society, etc.). If the sections are eclectic, it’s because they correspond to the needs of Camille’s readers, wishing to discover, learn, and reflect upon subjects. She defines Relief Mag as « a medium of expressions, ideas, and desires. » This is why everyone will find meaning in the articles written by Camille, and in this new shared space on the web. The website is also taking on new dimensions, as Camille sells healthy products for the mind and body, made by herself, in her grocery store. Finally, with Relief, she plans cooking workshops for small and large gourmets whose only watchwords are the following: have fun and enjoy.







La mode en tant qu’industrie est au coeur d’un schéma complexe: composition du tissus, fabrication, sourcing, exportation, quel est finalement le parcours du vêtement que je souhaite acheter ? Qui l’a fait ? Que veut dire “Made in France” ? Tant dans son empreinte carbone que dans le respect et la sécurité de la personne qui l’a fabriqué, le vêtement, et plus particulièrement son origine demeurent aujourd’hui parfois complexes à analyser. Pour y voir plus clair, comprendre les schéma de conception, fabrication et toutes les autres étapes pour faire venir le vêtement jusqu’à nous, Zei existe. C’est un site web qui recense et classe les marques et entreprises éco-responsables selon des critères bien définis. C’est un panel d’experts qui évalue à travers des données chiffrées l’impact écologique et social d’un vêtement. Zei demeure donc un outil nécessaire contre le greenwashing et pour toutes les personnes soucieuses des vêtements qu’elles portent. Cela répond aux questions : “qui, quoi, où et comment”

___

Fashion as an industry is at the core of an intricate process: fabric composition, manufacturing, sourcing, exporting; what route has taken the garment I want to buy? Who made it? What does “Made in France” mean? Both in its carbon footprint and in the respect and safety of the person who manufactured it, a piece of clothing, particularly its origin, sometimes remains complex to analyze. To analyze it more clearly, understand the design, manufacturing, and other steps to bring the garment to us, Zei happens. It is a website that identifies and ranks eco-responsible brands and companies according to well-defined criteria.  Using figures and data, a panel of experts assesses the ecological and social impacts of the making of a piece of clothing. Zei, therefore, remains a necessary tool against greenwashing and for anyone who cares about the clothes they wear. It answers the questions: “who, what, where, and how” concerning fashion. 



La mode est un héritage vestimentaire, des savoirs-faires que l’on retrouve à travers des coupes, travail des tissus, points de couture et de nombreuses autres techniques encore. Nous pouvons nous inspirer de ce patrimoine vestimentaire, parfois oublié, tout en rendant hommage à la maîtrise de chaque créateur.trice qui a marqué son ouvrage de sa patte. La seconde main et le vintage nous offrent un regard sur le passé, dépendant de chaque perspective personnelle et de comment le vêtement sera porté, avec quoi il sera accessoirisé et personnalisé. C’est ainsi que Marcelle M, le projet d’Ange Minkala, pris forme. Plus qu’une marque vintage sujette aux standards, c’est un service de ventes de vêtements vintage et de seconde main uniquement, mais aussi de meubles anciens et rétros, une friperie et brocante nomade, la création de vêtements uniques confectionnés à partir de fripes, un concept de stylisme “personnal chineur” et l’organisation d’événements autour du vintage. Un projet récent sur Toulouse à encourager !

___


Fashion is about heritage, skills that can be shown through cuts, fabric work, stitches, and many other techniques. We can draw inspiration from this sartorial heritage, sometimes forgotten while paying tribute to each designer’s mastery who has left his / her touch on his / her work. Vintage and second-hand clothing offer us a look through the past, which depends on each personal perspective and how the garment will be worn, accessorized, and personalized. This is how Marcelle M, Ange Minkala’s project, took shape. More than a vintage brand subject to standards, it is a sales service for vintage and second-hand clothing only. It also provides old and retro furniture, it’s a nomad thrift store and flea market, and a unique clothing line made from second-hand clothes. It’s a « personal bargain-hunter » styling concept and the organization of vintage events. Looking forward to seeing more of it in Toulouse! 




Le point commun entre ces différents partenaires, c’est leur ouverture d’esprit, leur transparence et le fait qu’ils et elles posent des questions concernant la mode. Ils offrent aussi des réponses et alternatives, et sont toujours en perpétuelle recherche concernant leur domaine tout en conservant le lien avec leur communauté. Le partage est donc ce qui unit ces différents partenaires, et je vous encourage à les contacter pour toutes questions et suggestions.”

___

These different partners have in common their openness, transparency, and the fact that they ask questions about fashion. They also offer answers and alternatives and are always searching for news and improvements concerning their field while maintaining their community link. Therefore, sharing is what all these partners want to do: information, knowledge, and opinions. Feel free to contact them if you have any questions or suggestions!

« Réagissez, rugissez ! » et lisez Within the den – « Take action, be loud! » and read Within the den

Dans l’élaboration de tendances et des standardisations, la presse est, pour moi, un domaine important dans la mode. Qui décide ce que l’on “doit” porter ? Ce qui devra donc être présenté sur papier glacé et en même temps porté sous des lumières incandescentes durant des défilés, (sur)produit, transporté, emmagasiné ? Même si elle est corollaire de l’état des marchés, du travail des bureaux de tendances, la presse paraît, pour ces lecteurs et lectrices, comme primordiale. On parle bien de “bible de la mode”.
La presse genrée féminine, bien qu’elle ne consacre parfois qu’une partie de ces articles aux textiles et accessoires, a, toujours eu pour moi une fonction impérative : il faut porter ceci, il faut faire cela. Comme un code de conduite publié selon une fréquence, j’ai toujours trouvé qu’il y avait une valeur d’absolu dans ce genre de lectures, contraire à la part de créativité qui existe au sein de la mode, et donc aux éventuelles “objections”, qui seraient plutôt le reflet de ce que l’on aime et veut porter. Heureusement, aujourd’hui, de nombreux magazines, sur papier comme sur le web, s’affranchissent de cette manière de “dicter” le “must” et de montrer du doigt les “has been”.
Within the den, un magazine féminin fondé par Balkis Hmida, s’inscrit dans ce renouveau. Son dessein principal : “l’empowerment”, paradoxal à la frustration qui faisait vendre il y a encore quelques années. Les autrices demeurent positives, bienveillantes, et avant tout humaines : elles prennent la parole sur des faits d’actualité, parlent de leurs inspirations mode, donc de ce qui leur plaît, rédigent des articles de fond, sans jamais se placer au-dessus de leurs lectrices et lecteurs, bien au contraire. Entretien avec Balkis Hmida.

___

Concerning the making of fashion trends and standardizations, print media take, to me, a significant part in this process. Who makes fashion? Who decides what we have to wear and what will be presented on glossy paper and under catwalk’s lights? What should be (over)produced, transported, put into stores? Even if it’s a corollary to the current state of the market, and to what has been decided by trend forecasting agencies, the magazines appear to be to their readers, an essential source. We often mention the terms “fashion bible.”
Even if fashion is only a column among others, women’s magazines have always had a sort of crucial function, as they often urge the importance of fitting and buying the latest fashionable pieces of clothes to their readers. It’s a sort of “code of conduct” with official rules published on a frequency. I’ve always thought that it was contrary to the creativity that inherently exists in the fashion industry, and so to the potential “objections” that we’d have, which are more the reflections of what we actually love and want to wear. Fortunately, today, a lot of women’s magazines, on paper or the web, free themselves from this way of “dictating” the “must” and point out the “has been.”
Within the den, a women’s magazine founded by Balkis Hmida, dovetails with this editorial renewal. The principal aim of the magazine? Empower each other, which is really paradoxical to the frustration that many women’s magazines used to sell a few years ago.
Within the den’s journalists are positive, altruistic, and mostly, humans: they talk about different current issues, their fashion inspirations (so, what they like), and featured stories, and this without being above their readers, on the contrary. Interview with Balkis Hmida, founder of the magazine.


  • Que représente la presse féminine classique pour toi, que souhaites-tu conserver et modifier dans ce domaine ? 
  • What do mainstream women’s magazines mean for you? What do you want to keep and reject concerning this area? 

La presse féminine classique pour moi représentait un esprit cloisonné. Comme une secte fermée qui nous rabâchait les mêmes sujets sans cesse. La presse classique, d’il y a quelques années est culpabilisatrice et majoritairement blanche. Pas très inclusive, en bref. Cependant, pas toutes les presses se ressemblaient. Les lignes éditoriales de l’époque suivait une mentalité qui n’était pas encore déconstruite des diktats de la société. Je souhaiterai conserver l’esprit d’équipe et les bases du journalisme, mais modifier tout le reste (très prétentieux haha). J’ai souhaité créer un magazine qui se présente comme un safe space, qui aborde des sujets importants et souvent tabous, mais aussi de bien-être et de développement personnel. Le but est que tout le monde se sente inclus et surtout compris. Le but est qu’en ouvrant WTD, vous vous sentiez bien et at peace.

___


Women’s magazines, to me, represented close-mindedness. A sort of restricted system which published over and over the same topics. The mainstream media used to blame its readers and make them guilty of something and were mainly white. Not really inclusive, to sum up.
However, not all print media look alike. The editorial policy belonged to a fixed mindset that wasn’t released out of the society’s obsessions. I would like to keep the teamwork spirit and the basis of journalism, but modify all the rest (so much cocky, ahah). I wanted to create a magazine that looks like a safe space, which tackles different issues, often taboo, and contains articles about well-being and personal development. The aim is that everyone feels included and mostly understood. When you open WTD, you must feel good, and at peace. That’s the goal.


  • Comment as-tu pensé ton magazine au départ ? 
  • How did you conceive your magazine when you started it? 

Au départ, Within The Den était un “bric à brac élégant d’articles en tout genre”. Un magazine qui ne souhaitait pas avoir de ligne édito précise par peur de se fermer des portes (une grosse erreur). Je ne voulais pas me limiter à parler d’une seule chose, mais nous n’avons jamais été aussi libres de nous exprimer sur divers sujets qu’en trouvant notre niche et notre ligne édito. 

___

In the beginning, Within the Den was a “nice bric-à-brac of miscellaneous articles.” A magazine that didn’t want to follow any specific editorial policy, to keep our options open (a big mistake). I didn’t want to limit myself to one topic only, but we have never been freer to express ourselves on different matters than when we found our niche and editorial policy.


  • Quel est le ton que tu as souhaité adopté et le rapport avec ta communauté ? 
  • What’s the tone you wanted to have and your relationship with your community? 

Comme tu l’as si bien dit, un ton positif, bienveillant et réconfortant. Je perçois ma communauté comme des amies, qui peuvent venir nous parler et témoigner quand elles le veulent, ou même nous demander d’écrire sur certains sujets qu’elles souhaiteraient que l’on aborde. Ce magazine, avant d’être pour nous, est aussi pour toutes les elles et ils qui avaient besoin d’un média ouvert.  

___

As you said it, a positive tone, benevolent and comforting. I see my community as friends who can talk to us and declare what they want, when they want, or even ask us to write about different issues they wanted us to introduce. Before being made for us, this magazine is dedicated to all the “they” who need an open media. 


  • Penses-tu que la mode comme la presse féminine soient au diapason de notre société, ou qu’elles n’en soient pas le reflet ? 
  • Do you think that fashion women’s magazines are a reliable mirror of society or its opposite? 

Personnellement, je trouve qu’aujourd’hui, certaines presses féminines (Censored, Tapage, Paulette) reflètent bien notre société. Nous avons la chance de vivre dans une société ou la démocratisation d’internet a permis à nombre d’entre nous de nous lancer et de défendre les valeurs qui nous tiennent à coeur et d’entreprendre. Certains médias restent néanmoins à la ramasse, mais ça, c’est comme partout.

___

Personally, I think that today a few women’s magazines (Censored, Tapage and Paulette) are a reflection of society. Luckily, we live in a society where internet is more accessible and has allowed some of us to throw ourselves into projects, make a stand, and defend the values that matter to us. Some media are still completely off the beam, though, but it’s a more common issue.


  • Quels sont tes futurs projets avec Within the den ? 
  • What are your future plans with Within the den? 

Pas mal de projets sont à prévoir pour fin 2020 et 2021. Notamment un numéro 2 (info exclusive haha), des projets visuels et des petits hors séries. Nous avons hâte de vous montrer le fruit de notre dur labeur quotidien ! 

___


Many projects for the end of 2020 and the beginning of 2021, including the second issue (exclusive information, ahah), visual projects, and special issues. We look forward to showing you the results of this hard work!


WebsiteFacebookInstagram

Cover of their first issue
The team

« Not your Devil »

Tout a commencé par les créations de Cécile, Manon et Marie. Marie teint, découpe et assemble, Manon imagine, coud et peaufine, Cécile conçoit, modèle et façonne. Toutes trois changent la donne dans les domaines de la lingerie et du vêtement porté, tant dans la délicate dentelle de Manon aux inspirations florales, comme dans les précieux tissus colorés naturellement de Marie que dans les boucles des ceintures de Cécile à la pâte de bronze et aux formes organiques.

Il y a (à peu près) mille et une combinaisons possibles lorsque l’on associe un body, un tissu et une ceinture. Le body, c’est la toile de fond, le tissu, la fluidité, la ceinture, l’encadrement. J’ai donc fait une rapide association et j’ai conclu qu’il fallait vraiment qu’on travaille ensemble. 

___

It all started with what Cécile, Manon and Marie make. Marie dyes, cuts and patches fabrics, Manon imagines, sews and puts the finishing touches on her lingerie, Cécile conceives, models and shapes belts.
The three of them bring beautiful and amazing changes concerning lingerie and clothing: in Manon’s delicate lace inspired by nature, or in Marie’s natural dyed fabrics and Cécile organic shaped belt buckles.
When we associate a body, a fabric and a belt, there are (roughly) a thousands possible clothing combinations. The body is the background, the fabric is the fluidity, the belt is the frame. So, I’ve quickly connected these three elements and their makers together and hit upon this: we should work as soon as possible. 

 

27

 

En imaginant les tenues portées, j’avais en tête des figures mythiques : Athena, Leto, Artemis, et tous ces magnifiques drapés façonnés dans ces statues de déités aux histoires complexes, mais aux caractères toujours francs. Et tout d’un coup, le roman d’Hemingway Le Jardin d’Eden m’est venu en tête, et plus particulièrement le personnage de Catherine Bourne. Et vous allez comprendre pourquoi.

___

When I imagined the different outfits, I had in mind mythological figures: Athena, Leto, Artemis, and all these beautiful drapery cast on these deities statues of complex stories but bold personalities. Suddenly, Hemingway’s Garden of Eden came to my mind. Particularly, the character of Catherine Bourne. And here’s why:

 


La sensualité et le soleil sont les deux points cardinaux de ce roman. Le lecteur n’a d’autre choix que d’adopter le point de vue de David Bourne, romancier à succès dont la femme, Catherine est décrite comme jalouse. Catherine, adoptera, au fil des pages, un caractère dominant, tant dans sa propre affirmation que dans sa relation avec Marita, une jeune femme dont le couple va tomber amoureux.

J’ai lu beaucoup d’analyses à propos de cette oeuvre, mais je n’arrive pas à oublier comment David appelle sa femme : “Démon”. Catherine prend des initiatives, parfois elle s’impose, certes, et lance des remarques salées à son mari. Elle blesse également. Mais sans elle, il n’y a aucune histoire. 

Retrouver ce schéma d’une femme prenant (bien-sûr), trop de place, et d’un mari jouissant de ses interventions tout en la traitant de vile créature est plutôt (très) fatigant. 

___

The novel is a cocktail of sun and sensuality. The reader has to adopt the point of view of David Bourne, a successful writer whose wife, Catherine, is said to be jealous. Throughout the pages, Catherine will evolve and become a dominant character. It is shown both in how she asserts herself with her husband and in her relationship with Marita, a young woman who becomes the love interest of the couple.
I’ve read a lot of articles about this literary piece, but I can’t forget how David calls his wife: “Devil”. Catherine takes the bull by the horns, gains control and sometimes makes barbed comments on her husband and hurts him with her words. However, without her, there’s no story.
Finding again this scenario of a woman taking (of course) too much initiative and room, while her husband both enjoys it and insults her as a vile creature is (really) boring.

 

 

Dans ma recherche d’une histoire à raconter, j’ai pensé que Catherine, tout comme les figures féminines qui lui font écho, est d’abord et avant tout une femme qui fait preuve de force et d’intelligence. Il y a, en effet, beaucoup de qualité dans ces défauts.
Alors, avec les créations de Cécile, Manon et Marie, j’ai souhaité fabriquer les tenues d’une femme, Catherine, Athena ou tout autre personnalité illustrant la puissance et la force que l’on retrouve chez ces figures diabolisées.

___

In my search of a story to tell, I thought that Catherine, as the many female figures that echo her, is, first and foremost a woman who shows how strong and smart she is. Many qualities are reflected on her flaws. So, with the pieces of clothing made by Cécile, Manon and Marie, I wanted to create outfits for a woman, Catherine, Athena or any other personality illustrating the power and the attributes of these devilish figures.

 

08 Ig

Le choix de la modèle fut unique : il s’agit de Laetitia Kitegi. Photographe et modèle, je savais que Laetitia comprendrait cette histoire. Sa capacité à capturer des instants sur le vif se retrouve dans son agilité à exécuter des gestes parfaits. Pas seulement à prendre la pose, mais à incarner et me donner la possibilité de capter le beau et les nuances de cette série.

___

It took me less than a second to choose the model: Laetitia Kitegi. As she is a photographer and a model, I knew she’d understand the story. Her ability to catch moments from life corresponds to how she demonstrates her poise, elegance and she embraces the character. Not only to strike the pose, but to become someone else and giving me the possibility to seize beautiful instants and all the nuances of this photoshoot.  

 

 

“Not your devil” est une série de photographies impliquant cinq femmes, réunies le temps d’une matinée pour parler de Catherine Bourne, mais aussi de tous ces stéréotypes sur les femmes dans la fiction, qui ont un mauvais rôle et sans qui l’histoire ne serait rien. C’est également un hommage à la création textile et aux artisanes qui se consacrent à la mode slow.

___

“Not your devil” is a series of photographs which involves five women, gathered in a morning to talk about Catherine Bourne, but also about the stereotypes that exist against women in fiction, who are the « villain » but without whom the story would be nothing. It is also a celebration of fashion design and a tribute to craftswomen who dedicate their works to slow fashion. 

 

Model: Laetitia Kitegi
Body: Eternel Ephémère
Fabrics: L’atelier Maison
Belts: Ysun Ysun 
Place: Bibliothèque d’Etudes et du Patrimoine, Toulouse

Apprendre avec ID (l’Info Durable)

(Article rédigé en français uniquement, dans le cadre d’un partenariat avec ID l’Info Durable.
Blog post written in French only)

La Slow Fashion Season est surtout une pause, et l’occasion d’apprendre. Concrètement ? Apprendre, cela veut dire remettre en question nos habitudes, peser le pour et le contre, analyser ce que l’on peut changer, savoir ce qui est possible et ce qui demande plus de temps. Critiquer, disséquer, expérimenter.

Ne plus se mettre au pli et changer de mode peut être déroutant, car nous construisons ensemble un monde nouveau et de nouveaux modèles, pas à pas. Chacun doit trouver son rythme et ce qui fait sens.
En guise de boussole, des guides pratiques existent, comme celui d’ID L’Info Durable.
Le média en ligne souligne des solutions éco-responsables innovantes, et propose des pistes pour concevoir et mettre en oeuvre une transition écologique. Son dernier projet ? Le lancement d’Idées Pratiques, un trimestriel qui concentre différentes consignes et conseils à appliquer, pour ne plus se contenter de la théorie. De l’information, on passe à l’action.

Plus qu’un mode d’emploi, “Idées Pratiques a pour ambition de fédérer une communauté de lecteurs désireux de devenir de véritables « consom’acteurs » et d’agir, à leur échelle, pour un monde plus durable.” (ID l’Info Durable).
Dans son troisième numéro dédié à la mode durable, la question principale demeure comment mettre de l’éthique dans nos placards, sans dépenser plus. Des notions comme l’économie circulaire et les achats raisonnés sont présentés, au même titre que des valeurs et des choix, comme celui de préférer la qualité à la quantité. Au programme de ce nouveau numéro :

  • Les enjeux sanitaires, environnementaux et sociaux de l’industrie textile,
  • Des solutions pour faire le tri dans ses placards et donner une seconde vie à ses vêtements,
  • Les enjeux et le mode d’emploi pour avoir recours à la seconde main,
  • Les alternatives éthiques à privilégier pour acheter neuf (matières, labels, etc.),
  • L’expérience d’un journaliste d’ID qui s’est lancé le défi de passer à la mode éthique en un mois

Le tout étayé d’astuces et de solutions pour faire des économies tout en privilégiant des produits éthiques et responsables.

Une lecture indispensable durant cette période, pour celles et ceux qui ont entamé une transition écologique comme pour les plus documenté(e)s et les plus connaisseurs.euses. A mettre dans toutes les bibliothèques (virtuelles !)
Dès le 16 juillet, cette 3ème édition d’Idées Pratiques sera disponible sur la boutique en ligne du site ID, ainsi que chez tous leurs distributeurs partenaires (Jours à Venir, La Maison du Zéro Déchets, Ethicall, We dress fair, etc.).
La page Ulule pour précommander le numéro à tarif préférentiel jusqu’au 15 juillet : https://mobile.ulule.com/idees-pratiques-mode-ethique/?lang=fr

Site web Facebook Instagram